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Rooms – Katholiek lekenforum

Est-ce que tout est la faute de Dieu?

À l'achat d'un appareil avec de nombreuses fonctionnalités ou nouveautés, on reçoit généralement un manuel d'instruction qui l'accompagne. Si l'on met l'appareil en fonctionnement sans l'avoir lu, il peut arriver que cela ne fonctionne pas bien et il existe parfois un risque de dommages graves suite à des manipulations fautives. Un dispositif mal utilisé peut même être dangereux pour les utilisateurs ou d'autres qui se trouvent autour. La faute en est dans ce cas assez rapidement reportée sur le dos du vendeur ou du fabricant, alors que les problèmes auraient pu facilement être évités en lisant comme il faut les instructions.

Dans l'attitude de l'homme envers Dieu, nous voyons qu'il se passe quelque chose de semblable. L'anatomie de la personne moyenne, combinée à un cerveau qui est doté d'une incroyable capacité de stockage, d'une vitesse extraordinaire, et de très efficaces programmes de base, lui permet en grande partie d'adapter son environnement à son avantage. En outre, il vit sur une planète qui est incroyablement riche en minéraux, matières premières, sources d'énergie et avec un large éventail de différentes possibilités intéressantes. Il vit entouré par une diversité éblouissante de formes de vie, qu'il peut aussi mettre au service de la satisfaction de ses nombreux besoins. N'est-ce pas une position royale unique ? Pourquoi y a-t-il malgré cela encore tant de misère dans le monde ? Est-ce de la faute du Créateur et du Donateur de tout cela ?

La planète sur laquelle vit l'homme, il ne l'a pas conçue. Il est né sur elle et il ne peut pas encore en choisir une autre. Jusqu'à présent, malgré des recherches intensives, aucune autre n'a été trouvée qui apparaisse au moins aussi attrayante, sans tenir compte de la question comment et si une telle potentielle Utopie serait atteignable. Mais beaucoup de gens ne sont pas satisfaits de leur séjour terrestre et d'autres aspects de leur destin ici-bas. D'où, selon eux, deux conclusions peuvent être tirées : soit Dieu n'aime pas les hommes ou n'est pas bon, soit Il n'existe tout simplement pas. La nature nous confronte en effet à tant de dangers, le corps de beaucoup montre un assez grand nombre de défauts, et si nous ne sommes pas agressés par la nature, alors nos semblables s'en chargent. Si Dieu est réellement bon, pourquoi tolère-t-Il alors toutes ces souffrances ? On peut également poser cette question d'une autre façon : pourquoi n'a-t-Il pas servi aux gens sur un plateau la solution à tous leurs problèmes ? Ce à quoi nous pouvons nous demander : n'a-t-il pas en fait réalisé cela, non pas de manière simpliste ou comme dans un conte de fées, mais dans le respect de notre libre arbitre ?

Tout ce qui est à notre disposition peut en quelque sorte être utile pour atteindre une «qualité de vie» (pour utiliser un terme dont l'homme moderne aime se prévaloir) maximale ou même quasi paradisiaque. À cette fin, tout cela doit être utilisé d'une manière intelligente, et selon les fins appropriées. Cela signifie que nous devons suivre les règles non écrites que le Créateur a mis en place dans la nature de toute chose, et qu'en outre nous fassions en sorte de ne pas nous marcher sur les pieds les uns des autres, et de collaborer. Les règles de base pour rendre ce processus optimal nous furent et nous sont proposées à partir de différentes sources.

Aux jeunes, Dieu a donné les plus âgés, pour les instruire de leur riche expérience. Pour leur part, ils peuvent aider les personnes âgées grâce à leurs forces fraîches et à l'apport de nouvelles idées créatives. Dans ce processus primaire de transfert de connaissances peuvent déjà se produire beaucoup d'erreurs. Une caractéristique des dérives de la société contemporaine est, par exemple, la perte de respect pour les personnes âgées, même pour ses propres parents. Un tel comportement est totalement en désaccord avec le quatrième des Dix Commandements que Dieu, à travers Moïse, a donné comme ses instructions de base formelles à une humanité égarée.

Il s'agit d'une première source, sautant aux yeux, de beaucoup de misères, dont on ne devrait certainement pas rejeter le blâme sur Dieu. Mais ce n'est pas ou pas seulement la faute de «la jeunesse d'aujourd'hui». La responsabilité principale de ce qui va mal chez nous incombe à ceux qui ont conçu, mis en place ou à contrecœur autorisé les modèles de pensée occidentaux politiquement corrects. Il y a prévalu une seule facette, celle des «droits», entre autres «les droits de l'enfant», au lieu de parler «des droits ET devoirs de l'enfant ET des parents». Dans ce cadre idéologique complètement faussé, la considération de la famille naturelle comme cellule de base de la société fut systématiquement sapée, en faveur de «nouvelles formes de famille». Nos gouvernements subventionnent et soutiennent des cortèges publics dans lesquels des adultes, dans des postures obscènes et des habillements offensants, étalent leur soi-disant sexualité «émancipée» (mais en fait "dévoyée"), sous les yeux de nos enfants. Ces spectacles glamoureux, immoraux et dégoûtants sont tolérés sous couvert de «lutte contre la discrimination envers les autres orientations sexuelles». Personne ne semble encore se poser la question sur la différence entre «orientation sexuelle» et «dégénérescence sexuelle». À quand remonte la dernière fois dans nos églises un sermon sur le concept de «chasteté» (6e et 9e commandements de Dieu) ?

D'autre part, dans de nombreux pays occidentaux, les "droits de l'enfant" ont été complètement ignorés en faveur du "désir des couples de gays et lesbiennes d'avoir des enfants". Au sujet du "désir de l'enfant d'avoir un père et une mère", on n'entend ou ne lit dans nos médias presque jamais un seul mot. N'est-ce pas une discrimination flagrante envers les enfants par rapport aux adultes ? Quels «père et mère» l'enfant concerné doit-il "honorer", en écho au quatrième commandement de Dieu, cela reste un énorme point d'interrogation. L'enfant est condamné à se résigner à une situation imposée contre nature, dont il doit remercier un gouvernement législatif qui parle sans cesse d’«autorité morale», mais qui du point de vue « moral » a de plus en plus perdu complètement le nord. À propos des conséquences personnelles et sociétales à long terme d'une telle expérimentation sociale et éthique, on ne se fait pas trop de soucis. Si ça tourne mal, on attribuera bien les problèmes qui en résulteront à Dieu, ou en son absence, à la caricature que «l'homme moderne» a fait de l'Être Suprême.

Une autre source riche d'informations utiles, mise à la disposition de l'humanité, réside dans la nature. Le règne végétal offre des remèdes très valables contre à peu près toutes les maladies. Les peuples proches de la nature, tels les Indiens d'Amazonie, ont étonné plus d'un savant botaniste par leur connaissance des plantes et leurs applications médicales possibles. La plupart de nos préparations pharmaceutiques contiennent des extraits de plantes ou en sont dérivées. Sans préjuger des mérites de la médecine conventionnelle, l'expérience nous enseigne que de nombreux problèmes sont résolus par la médecine naturelle, là où l'approche classique échoue. Nous devons tout ceci au soin et à la patience de gens de talent. Comme, par exemple, sainte Hildegarde de Bingen, un brillant exemple religieux pour la femme d'aujourd'hui. Elle nous a laissé tout un éventail de recettes naturelles exceptionnelles. Même contre les maladies comme le paludisme et les maladies rhumatismales, qui sont généralement considérées comme incurables, il existerait des extraits de plantes efficaces selon les experts. Le règne végétal contient également bien sûr des plantes nuisibles et toxiques. Mais là encore, la nature elle-même nous fournit un bon guide : elles peuvent être identifiées en observant le comportement des oiseaux et d'autres animaux, qui évitent instinctivement ces plantes.

Certains, comme le déjà très souvent évoqué professeur émérite Etienne Vermeersch, prétendent que Dieu ne peut pas exister, car il y a beaucoup d'innocents qui souffrent. Récemment, il a donné dans le programme TV «Canvas-Reyers Laat» un exemple de cela, dans l'objectif d'élargir la législation sur l'euthanasie, de sorte que «les neonati» (les nouveau-nés) pourraient en "profiter". Il s'agissait d'un bébé qui est né avec une maladie rare qui provoque que la peau se détache facilement. On ne pouvait laver le bébé que sous anesthésie. Tout le monde est évidement d’accord que cela est très lourd à gérer pour les parents de cet enfant. Cela leur donne-t-il cependant le droit de tuer leur enfant ? Selon Etienne Vermeersch, c'est oui, parce que "le médecin traitant (avec le consentement des parents) a l'obligation de veiller à ce que l'enfant ne souffre pas". Si l'on devait suivre ce type de raisonnement, alors en très peu de temps nos hôpitaux se videraient et nos cimetières seraient surpeuplés. Les questions sur quels genres de souffrance pourraient justifier la mort de quelqu'un, et s’il n’existe aucune autre méthode que l'élimination physique  pour alléger les souffrances, sont soigneusement évitées dans ce raisonnement.

En partant de réactions émotionnelles spontanées, des gens comme Vermeersch ne cherchent pas seulement à miner le commandement de Dieu : «Tu ne tueras point". Leur objectif supplémentaire - ou principal - est de montrer que Dieu n'existe pas, parce qu'il laisse souffrir des enfants innocents. Il est cependant remarquable que l'on n'entende jamais parler de tels défauts chez les animaux qui vivent dans la nature libre provenant de Dieu. Avant de détourner le reproche de la souffrance innocente sur le Créateur, n'a-t-on pas besoin de se demander si le comportement humain n'en est peut-être pas parfois la cause ? Il est clair en effet qu'il s'agit dans de tels cas de maladies génétiques. Quel médecin ou chercheur honnête oserait affirmer que notre comportement, en particulier sur le plan sexuel, ne joue pas un rôle majeur dans l'émergence de ces maladies? D'un point de vue objectif et purement scientifique, on peut facilement démontrer des liens entre comportement sexuel (et autre) dégénéré et anomalies génétiques, ... pour autant que l'on ne soit pas paralysé par la crainte de déclarations politiquement incorrectes. Pour être très clair, nous ne parlons pas du comportement des parents directs. Les anomalies génétiques sont transmises aux générations successives, sans que l'on puisse prédire quand elles ressortiront. On peut même voir ici une association avec le concept chrétien de «péché originel».

Nous pourrions encore insister longuement sur tout ce qu'une nature bien gérée peut nous offrir. La nature peut non seulement être douce et bienveillante, mais aussi nous sembler cruelle. «Cruauté» est une qualification morale qui ne peut être appliquée qu'à des êtres dotés de raison, et non à des animaux, des plantes ou des abstractions telles que la «nature». Le scénario du spectacle que nous offre la nature est régi par des lois qui ont été établies par le Metteur en scène de celle-ci, le Seigneur de la Vie et la Mort. L'homme a la capacité d'apprendre à les connaître, afin qu'il puisse profiter des avantages et d'éviter les inconvénients, ... du moins s'il accepte les règles du jeu, et ne veut pas lui-même jouer à Dieu, comme le font de facto ceux qui nient Dieu. Qui apprend à connaître, accepter et appliquer les lois naturelles et les commandements de Dieu, rejoint la Vie, en récolte les fruits et les transmet. Celui qui ignore Dieu et a la prétention de se comporter comme législateur moral divin, fait partie du Royaume de l'autodestruction et de la Mort.

Le manuel d'instructions pour l'humanité est en plus complété par d'autres voies. Dieu parle aussi directement aux gens. Souvent, cela se passe dans un rêve et la Bible en donne plusieurs exemples. Pendant notre sommeil, notre intellect est totalement ou partiellement séparé des soucis journaliers directs et remet de l'ordre autant que possible dans notre esprit. Dans cet état, nous devenons plus réceptifs aux signaux ou aux messages surnaturels. Il arrive même que les gens éprouvent dans leurs rêves une situation qui peut être décrite comme «non terrestre». Nous parlons alors de «visions». Certains neurologues pensent même que toutes les religions sont nées de cela. Pour les croyants, ils sont un moyen important par lequel Dieu intervient, nous enseigne, nous met en garde ou nous manifeste sa volonté.

La dernière source que nous voulons citer ici, à partir de laquelle on peut tirer une connaissance et une compréhension de la vie, sont les paroles des prophètes. Ils sont les indicateurs de direction qui ont collaboré à établir le cours de l'histoire humaine. Cela se passe encore aujourd'hui, parce que maintenant aussi il y a des gens appelés à être «prophétiques», c'est-à-dire à transmettre les messages qu'ils ont reçus de Dieu. Ils nous invitent à ne pas nous laisser guider par notre orgueil ou nos instincts animaux, mais par la Sagesse. Les plus grands d'entre eux étaient notamment Moïse, Élie et surtout Jean-Baptiste. Ils ont été choisis par Dieu à cause de leurs dons exceptionnels et de leur engagement continu à Son service et à celui de leur semblables. Ils sont comme les étoiles dans le firmament, qui nous montrent la bonne direction de la vie et nous préservent des nombreux pièges des faux prophètes qui, comme un champ de mines moral, rendent dangereux notre paysage sociétal et religieux d'aujourd'hui.

Louons donc et remercions Dieu pour le soin prévenant avec lequel Il guide nos vies et demandons pardon pour tous ceux qui L'ignorent, L'accusent, L'insultent ou Le contrarient.

I.V.H.

 

L'animal façonnable

On peut entraîner un chien de façon qu’il puisse effectuer toutes sortes de tours ou de tâches, telles que l'accompagnement des aveugles, la détection des drogues ou celle des personnes qui, après un tremblement de terre, sont enfouies sous les décombres. Certains sont utilisés comme animaux de trait, d'autres pour la course et d'autres encore pour la chasse, ou pour rassembler les troupeaux. Pour réussir cette formation, il y a quelques conditions : il faut de préférence commencer aussi jeune que possible, il faut prendre en compte les caractéristiques spécifiques de l'animal et il faut savoir où se situent ses limites. La formation des chiens ou d'autres animaux est un beau métier ou passe-temps, à partir duquel nous pouvons tirer quelques enseignements qui sont parfois applicables aux êtres humains. Chez l'homme en effet la formation n'est pas quelque chose de secondaire ou d'artificiel, mais quelque chose d'essentiel pour notre humanité. L’entrainement principal est celui de l'éducation. Il commence aussi de préférence aussi jeune que possible. La comparaison avec le dressage d'un animal n'est cependant que partielle. L'homme est l'être vivant qui s'est le moins "spécialisé", à la fois sur le plan physique et sur le plan des comportements innés. Nous n'avons par exemple pas de griffes ou d'écailles pour nous protéger contre les agresseurs, ou pas de fourrure pour nous tenir chaud. Nous sommes nés avec certains traits de caractère que nous héritons de nos parents, mais ils peuvent être généralement mis sur de bons rails par l'éducation.

La spécialisation décisive de l'homme est son intelligence. Toute vie en est pourvue, de sorte que nous pouvons dire que la vie "est de la matière dans laquelle une intelligence orientée vers un but est présente". Mais l'homme dispose d'une intelligence qui est consciente d'elle-même, qui se situe et se réalise dans un monde de concepts abstraits, où il cherche et trouve les points de référence pour ses comportements. L'instinctif est chez l'homme réduit à ses besoins de base pour se maintenir en vie et il peut même, dans une certaine mesure, soumettre ces besoins à sa volonté en s'y entraînant. En conclusion, l'homme est, comme il se présente à un moment donné, le résultat de dons innés, de l'éducation, de l'autoformation et de ses conceptions philosophiques. Mais tout ceci ne fera jamais pour autant que l'on puisse prédire avec certitude ce qu'il prendra comme décision. Là intervient le libre arbitre, l'une des caractéristiques qui le distingue le plus des autres créatures. L'homme n'est jamais quelque chose de fixe, quelque chose qui est «fini». Jusqu'à son dernier souffle, il peut changer, même si cela devient moins probable avec le cours des années. En termes religieux, nous parlons alors de "conversion", ou éventuellement d'«apostasie» ou de «péché».

L'homme est un événement continu, une histoire qui ne finit qu'avec la mort. Le fil conducteur de cette histoire est la lutte entre le bien et le mal, qui se produit à la fois dans son for intérieur et dans son environnement. Il peut et il doit en effet sans cesse choisir. Beaucoup de ses décisions se situent sur le plan matériel et, sur ce plan-là, il montre qu'il est plutôt très habile, avec le résultat que l'humanité a réussi plus ou moins à mettre sous contrôle une grande partie des problèmes liés à l'existence biologique. Mais l'homme est en outre confronté en permanence à des choix de nature spirituelle ou morale. Il ne vit en effet pas seul, mais il fait partie d'une communauté humaine. Dans les relations avec ses semblables, il peut choisir en vue de son propre bien-être ou de celui des autres. Il se rend compte alors qu'il y a des choses moralement «bonnes» ou «mauvaises», et qu'il doit utiliser son libre arbitre pour faire des choix (parfois très douloureux).

L'un des choix qu'il peut faire est d'ignorer la différence même entre «bon» et «mauvais», ou d'intervertir en pensée ces notions. Il peut décréter que ce ne sont pas des «catégories scientifiquement prouvées» et que ces concepts sont tributaires de ce qu'il pense être le meilleur (pour lui-même) dans une situation donnée. Il peut même aller jusqu'à faire de cette interchangeabilité un «droit humain» légalisé, ou un privilège réservé à un groupe déterminé de personnes : les dirigeants politiques, les intellectuellement doués, les riches, ceux qui appartiennent à une race, une culture ou une religion particulière... Toute l'histoire de l'humanité est marquée par les conséquences de ces choix, jusqu'à aujourd'hui. Qui y réfléchit posément doit en conclure que le risque de mauvais choix ne sera jamais écarté aussi longtemps que les êtres humains existeront. Les êtres humains peuvent trouver des solutions pour un peu tout, mais le mal ne peut être évité. Il ne peut être combattu qu'en mettant le plus possible de bien en face de lui. Le «monde façonnable» ne sera jamais idéal, et pas davantage l'«homme façonnable» (en dépit de toutes les chansons, de tous les écrits ou de tous les sermons).

L'homme de bonne volonté ou d'un bon naturel, a donc la mission prioritaire de développer au maximum sa capacité à discerner le bien et le mal. La capacité de le faire, tous les hommes en disposent par nature, mais, comme mentionné, ils doivent tout d'abord y être éduqués. Dès les premiers âges de la vie naissent les premiers problèmes : le processus éducatif lui-même est en effet très largement déterminé par les choix que font les éducateurs. Un animal ne peut pas être «éduqué». On peut dans une certaine mesure, lui apprendre certains comportements humains élémentaires, mais on ne peut pas en faire un homme. L'animal par lui-même ne le peut évidemment pas, et il ne présente également aucune tendance naturelle en ce sens, en dehors du fait que, par exemple, les singes ou les perroquets imitent spontanément certains comportements humains. Les animaux ne peuvent dépasser les contraintes imposées par leur spécialisation et par les possibilités limitées de leur corps et de leur cerveau. Chez l'homme, c'est tout autre chose : il peut être formé de diverses façons ou se former lui-même. En conséquence, il peut évoluer à la fois dans le sens d'une perfection spirituelle, que nous appelons la sainteté, comme dans le sens d'une augmentation de comportement animal. Certains, dans ce dernier sens, peuvent atteindre un stade similaire à celui d'un prédateur sauvage solitaire, et nous parlons alors souvent d'une «bête».

On pourrait donc dire que le bien est tout ce qui nous conduit à une plus grande sainteté et le mal tout ce qui nous rend plus animal. Mais cela ne nous aide pas beaucoup, parce que les jugements de valeur et les concepts que nous utilisons ici sont largement tributaires des environnements culturels. Certaines cultures ont, par exemple, adopté le cannibalisme comme quelque chose de «bien», la modernité laïque fait de même avec le droit de tuer les enfants à naître (dans le cadre de programmes au profit de la «santé reproductive» !). Certaines idéologies sont allées jusqu'à proclamer l'amélioration de leur propre race comme idéal le plus élevé, au détriment de tous ceux qui étaient considérés comme «inférieurs». D'autres mouvances «progressistes» proclament qu'il n'y a pas de différence essentielle entre les êtres humains et les animaux, et leurs meneurs affirment même que l'homme est un parasite qu'il serait préférable d'éliminer. L'histoire biblique de la tour de Babel parle d'une confusion des langues. Mais la pire confusion qui afflige l'humanité aujourd'hui n'est depuis longtemps plus de nature linguistique, mais idéologique.

L'essentiel dans les choix éducatifs est donc l'idéologie, où la vision de l'homme à laquelle on adhère forme le noyau. Si l'homme est considéré comme une espèce animale façonnable, cela se manifestera dans l'éducation, avec toutes ses conséquences. Un croyant ne voit pas l'homme comme un individu sur une branche quelconque dans un arbre généalogique artificiel des espèces vivantes, mais comme une personne. C'est-à-dire, un être chargé de responsabilités envers la Création en général, tout comme envers l'humanité dont il fait partie, et surtout envers son Créateur, Dieu, Allah, le Grand Manitou, le père ou la mère primitive, ou quel que soit le nom qu'on veuille donner à l'Être suprême. Il est la seule créature qui soit capable de prendre conscience de l'existence de Dieu et cette conscience émerge peu à peu comme le facteur le plus important dans l'expérience de son humanité.

L'homme sans Dieu est, au contraire, solitaire (le cas échéant de manière non perçue ou non consciente), il est sans âme, perdu dans un univers vide de sens, sans points de référence fermes pour déterminer son comportement. Il est spirituellement au même niveau qu'un animal, qui ne peut être conscient de l'existence d'un Créateur et qui par conséquent n'a pas de responsabilité. Ce qui est bien ou mal, il le détermine lui-même, si nécessaire en développant ou en adhérant à l'idéologie qui lui convient le mieux. Il se trouve en fait dans l'état « pré humain » illustré comme suit dans l'histoire biblique de la Genèse. Adam a nommé les animaux, mais n'a trouvé aucun animal qui lui convenait et se sentait donc seul. Dieu vit que ce n'était pas «bon». Il avait mis la création en mouvement et l'avait qualifiée de «bonne» : elle évolua et tourna comme Il l'avait prévu. La création elle-même ne pouvait causer aucun mal, jusqu'au moment où dans cette création Il fit apparaître l'homme : un être qui était capable d'être conscient de soi. Mais cette conscience ne pouvait se développer qu'en relation avec d'autres êtres vivants et surtout dans la relation avec Celui qui est la source de toute intelligence et de toute conscience. Avant que ces possibilités ne lui soient offertes, Adam n'avait pas d'objectif clair dans la vie, pas de responsabilité et seulement la constatation qu'il n'appartenait pas au monde des animaux, bien que peu à peu il les ait nommés et classifiés.

Dans l'expérience d'une relation, se développe autant la connaissance de l'autre que la perception de sa propre identité. Cette connaissance de soi est à son tour essentielle pour la suite du développement de la cohabitation. S'éveillant. S'éveillant d'un profond sommeil, Adam a découvert sa femme Ève. C'est seulement alors qu'il fut bien conscient de lui-même, en tant qu'homme, mari et futur père. Chez Ève se fit un processus similaire de découverte de soi en tant que femme et mère potentielle. Ils ont appris à se connaître dans leur relation mutuelle, leur sexualité et leurs différences, avec leurs caractères spécifiques, leurs capacités, leurs limites et leurs responsabilités. Cette conscience de soi atteignit un sommet dans la relation de confiance qu'ils avaient tous deux avec leur Créateur, qui se fit connaître à eux comme un Père qui les aime, et qui justement pour cela pose ses exigences. Cet amour de Dieu était la pierre angulaire de leur solidarité et respect mutuel. Ils étaient nos premiers ancêtres, le prototype de l'humanité idéale, la première "sainte famille", les fondateurs de la conscience religieuse qui au fil des millénaires fut transmise de manière très variable, jusqu'à ce qu'elle nous parvienne. Mais ils ont payé le prix pour avoir exercé leur libre arbitre, ce qui perturba la relation avec Dieu. Ils furent donc aussi les premiers pécheurs.

Les éléments avec lesquels travaillent les éducateurs contemporains dans notre environnement multiculturel, sont d'une qualité très discutable. Nos pays de la mer du Nord étaient autrefois un phare dans l'histoire humaine. Ils envoyèrent leurs fils et leurs filles dans le monde entier pour éduquer les gens dans la doctrine du Christ, nouvel Adam, offert par Dieu à une humanité égarée, pour lui montrer comment elle devait vivre et à quel point son amour était grand. Le Père Damien est l'un des plus brillants exemples de cet idéalisme chrétien. Mais l'Église, qui a formé la base de ce mouvement éducatif mondial, a été infiltrée par des idées «innovantes». Quand il fut allégué que l'on ne devait certainement "pas gagner les âmes", cette revendication fut accueillie avec peu de résistance significative. Il était surtout question "d'ouverture" et d'être "de son temps". La peur d'être considéré comme intolérant ou rétrograde paralysa toute la hiérarchie de notre Église locale, qui s'est résignée à un langage «doucereux» avec lequel elle a essayé d'éviter toute controverse et avec lequel elle a convaincu de moins en moins de gens. Au lieu d'un enseignement de la religion, nos jeunes ont été aux prises avec des classes de "religions comparées". Même le crucifix était retiré dans certaines écoles «chrétiennes» pour ne surtout pas "scandaliser" les non chrétiens, en oubliant que «faire scandale» appartient de manière indissociable à la croix par laquelle le Christ a souffert pour nous. Un pays qui se situait à l'avant-garde de la proclamation de la foi fut par conséquent, en un demi-siècle, comme avalé dans un «trou noir» dans ce domaine.

Pendant ce temps, les adversaires de la foi chrétienne, chrétienne, n’ont bien sûr pas baissé les bras. Ils ne croient pas dans les âmes et ne peuvent donc pas non plus les «gagner». Ce qu'ils ont fait, c'est bien bousiller l'âme de notre peuple, avec la coopération coupable ou l'absence de résistance de plus d'un prélat. La marche en avant de ces forces adversaires de Dieu progresse sans relâche, et est sans cesse alimentée par de nouvelles théories créatives. L'une des dernières dans cette lignée est la "théorie du genre" qui nie l'existence d'une sexualité certaine. On n'est pas homme ou femme parce que c'est notre nature, mais parce que la société ou nous-même, ou qui ou quoi que ce soit, l'a choisi ainsi. Cette idéologie, qui cherche à s'imposer à notre système éducatif, place une bombe à retardement dans notre système social, notre politique familiale et notre sentiment d'identité. Elle sape la raison principale de l'existence de la sexualité (une reproduction saine) et la principale conséquence de celle-ci (notre responsabilité personnelle, sur base de notre identité sexuelle).

Nous sont servis aussi de plus en plus toutes sortes de "tips" éducatifs et pas seulement dans des revues de deuxième ou troisième catégorie. Par nos chaînes flamandes, nous avons récemment été informés d’une manière détaillée sur les activités subventionnées par l'État de l'association "Steunpunt Jeugd". C'est apparemment une organisation sœur de "Sensoa", qui a acquis d’une manière ou de l’autre une sorte de monopole sur l'éducation sexuelle des écoliers flamands. Elle a rédigé une brochure pour apprendre aux dirigeants d'associations de jeunes la bonne attitude à prendre lorsqu'ils sont confrontés à des situations à connotation sexuelle. La masturbation en groupe dans une tente, par exemple, est considérée par l'association comme «normale», et elle déconseille de s'y opposer. Jusqu'à présent, nous n'avons pratiquement pas vu ou entendu de réaction à cela, ni du côté ecclésiastique ni du côté séculier. Alors n'hésitez pas à envoyer vos enfants à la multiculturelle ex-chrétienne Chiro ou aux ex-catholiques scouts, ils sont dans des mains expertes et en apprendront plus que ce que vous avez cru possible. De même au sujet de l'éducation dans votre école «catholique», ne vous inquiétez pas. Vos enfants (via Sensoa) y recevront une éducation sexuelle de qualité garantie par le gouvernement, strictement réservée aux écoliers eux-mêmes. Même leurs propres enseignants de religion ne peuvent y assister ...

Où est la parole d'autorité de nos dirigeants d'Église ? Pourquoi ont-ils été nommés et sont-ils payés ? Pour mener à bien l'abandon de nos églises, sans trop d'effets psychologiques secondaires ? Pour endormir les catholiques inquiets avec des paroles doucereuses ? Vaincus par la peur des médias ? Souffrant du syndrome de l'autruche ? «Allez et enseignez» dit le Christ, et non pas «Regardez, et taisez-vous». La meilleure façon d'instruire les jeunes aux conceptions morales et religieuses, consiste en premier lieu à leur enseigner sans complexes la doctrine et le témoignage de l'authentique message de l'Évangile, dans toute sa richesse et ses conséquences. Ensuite, on peut les interroger sur ce qu'ils en pensent et ce qu'ils en ont retenu. Actuellement, on leur demande la plupart du temps leur opinion, alors qu'on ne leur a enseigné que des généralités. Qu’est-ce qui  reste de l'instruction religieuse catholique, mise dans la pratique par nos évêques entièrement dans les mains de laïques (dirigés par les ex-catholiques KUL et UCL). Même les jeunes qui (encore maintenant) sont miraculeusement convertis au catholicisme, ne trouvent plus leur compte dans des soi-disant milieux catholiques. Si nous laissons s'égarer ainsi l'enseignement de la foi chrétienne, nous sommes coresponsables de ce que d'autres auront fait de nos descendants : des libres penseurs, des adeptes de sectes ou de religions non-chrétiennes, des accros au sexe, ... Ou peut-être des machines à penser robotisées ou des bêtes incontrôlables ?

I.V.H.

 

De l'ère du papier à l'ère du virtuel

L'histoire humaine est divisée en époques dont le nom est souvent dérivé de la matière ou de l'activité qui a laissé le plus de traces. Nous parlons par exemple de l'âge de la pierre, du bronze et du fer, ou de l'ère industrielle. Si le papier n'était pas un matériau très périssable, qui ne laisse très vite aucune trace dans le sous-sol, il y aurait une forte chance que les archéologues du futur classent nos civilisations actuelles dans «l'ère du papier». En outre, ils pourraient faire une lecture détaillée de tous nos heurs et malheurs à partir de ce papier.

Même après la généralisation de l'usage de l'ordinateur, le papier est et reste un produit de base important et largement utilisé, entre autre coresponsable d'une déforestation à grande échelle. Pour tout et rien nous avons besoin de documents, y compris pour prouver notre propre identité. Il y a dans nos sociétés une réalité des papiers qui, dans pas mal de cas, s’avère plus importante que la réalité vivante. Les gens nommés "sans-papiers", qui errent dans nos rues, en savent quelque chose. Même nos biens dépendent en grande partie de l'argent papier, auquel est attribuée une valeur subjective qui est déterminée par des facteurs fluctuants et imprévisibles, tels que le cours de la Bourse ou la confiance des consommateurs, et les circonstances politiques partout dans le monde. Notre façon de penser en est donc aussi affectée, parce que si la vérité des papiers nous convient mieux que celle du réel, alors nous optons bien vite pour la première, par exemple au moment de remplir notre feuille d'impôt.

Les développements technologiques de la modernité, ont encore renforcé les possibilités de louvoyer, frauduleusement ou non, entre les différentes réalités. Nous sommes d'ores et déjà, selon les experts, en pleine ère de l'informatique. Cette description semble assez fiable, mais en fait, cela signifie que nous avons créé une nouvelle réalité : une réalité virtuelle. Les personnes qui souffrent d'une dépendance à l'ordinateur, sont tout bien considéré plongés davantage dans un monde virtuel que dans la vraie réalité. Ils sont les premières victimes de ce que l'on pourrait sans doute mieux nommer l'ère virtuelle. On peut dans une certaine mesure les assimiler aux malades d'Alzheimer, qui sont en grande partie mentalement bloqués dans un environnement ou un temps qui n'est pas celui des personnes réellement existantes et des choses qui les environnent.

Le monde des apparences, belles ou non, a naturellement toujours existé depuis que l'homme existe. Mais la complexité de la vie moderne et l'offre croissante des médias technologiques, font qu'ils est de plus en plus facile d'entrecroiser les réalités vraies et fictives. N'est plus tellement importante l'authenticité de ce que l'on a à dire, mais la façon de le présenter. Tout cela existait de longue date dans tout ce qui se rapporte à la publicité commerciale, et cela appartient également à des usages tolérés en politique. Mais la transformation d'une réalité objective en réalité subjective est de plus en plus fréquente dans des domaines qui, pour la société comme pour l'individu, sont d'une importance autrement fondamentale, comme la morale, la justice et l'expérience religieuse. Là aussi, la fiction et les apparences irréelles supplantent de plus en plus les faits concrets.

De bons exemples de fausses vérités, nous en trouvons suffisamment dans notre politique nationale. «Tout le pouvoir émane de la nation», proclame notre Constitution. Par «nation», on entend la totalité de tous les citoyens passés et présents. Notre establishment politique interprète en pratique cela comme «Tout le pouvoir émane des cénacles des partis subventionnés par l'État". Le roi est appelé le chef de l'Etat, mais en réalité, son rôle se réduit à celui d'une marionnette de cérémonie. Quand le roi Baudouin en 1990, en âme et conscience, a refusé de signer la loi sur l'avortement, le Premier ministre Wilfried Martens (la figure de proue entretemps deux fois remarié d'un "parti chrétien de la famille") a mis la Constitution dans sa poche. Avec un tour de passe-passe politique dont il se vante encore régulièrement sur nos émetteurs, le roi fut déclaré dans «l'incapacité de régner». En fait, Baudouin prouvait par son refus de signer la loi qu'il était parfaitement capable de régner, c'est à dire, de juger et de décider. Par la Constitution, l'inverse devait se produire et le roi aurait dû dissoudre le gouvernement. Si nous étions vraiment en démocratie, il aurait pu exiger soit de nouvelles élections, soit un référendum. Mais les référendums sont un sujet tabou pour beaucoup de nos dirigeants, parce qu'ils rééquilibrent le pouvoir vers ceux à qui il appartient constitutionnellement, à savoir le peuple. La fonction de chef du gouvernement de l'État a été réduite chez nous à celle d'une machine à signature. Même sa liberté essentielle de décider si oui ou non il va signer, lui est ôtée. On peut se demander ce qu'est l'utilité d'une signature forcée. La seule réponse semble être que les décisions politiques se donnent la belle apparence d'une légitimation «neutre», par un chef d'État qui a été revêtu d'un statut de sans-conscience officielle.

Dans le domaine éthique, nous trouvons de plus en plus de glissements de concepts naturels et concrets vers des concepts artificiels et virtuels. Ceux-ci font mieux l'affaire de cette sorte d'éthiciens perchés sur les barricades d'une prétendue révolution progressiste. Un droit de l'homme essentiel est par exemple le droit à la vie. Le droit à la vie de personnes handicapées, d'enfants à naître indésirables, et d'autres qui sont considérés par ces «éthiciens» comme une charge sociétale inutile, se retrouve évidemment dans ce cas. Mais voyez : la pensée virtuelle leur procure une terminologie par laquelle cette «charge» peut être éliminée de manière légale. Le terme «homme» est modifié par eux en le terme plus facilement manipulable de «personne». Dans le nouveau monde de concepts qu'ils se créent, avec son échelle de valeurs associée, seules les «personnes» ont le droit à la vie. Ils en font bien sûr partie en tout premier lieu, étant donné que ce sont eux qui décident qui ou quoi peut être considéré comme une «personne». Un nouveau né handicapé n'est, selon eux, pas recevable comme «personne», car il n'est pas viable de manière indépendante, et pas encore capable de relations. Ce sont des données choisies tout à fait arbitrairement, qui sont donc élevées par eux au rang supérieur de norme pour pouvoir bénéficier du droit à la vie.

Cette morale soi-disant progressiste est très proche de celle des tribus préhistoriques et des cultures de l'antiquité, qui tuaient leurs enfants lorsqu'ils étaient considérés comme «inaptes» (ce qui a été notamment le cas des Spartiates). Dans une telle idéologie barbare, vous n'êtes pas un homme parce que vous l'êtes intrinsèquement, mais seulement parce que les gens autour de vous vous reconnaissent en tant que tel. Ceux-là décident alors, pour un bébé au stade fœtal, ou un être humain dans un autre état de dépendance profonde, s'ils souhaitent le considérer ou non comme un simple "amas de cellules vivantes". Les êtres humains qui ne sont pas encore, ou ne sont plus, en mesure de démontrer qu'ils sont plus que cela, sont alors dans la situation de potentiels déchets humains.  A l’occasion de la moindre gêne on peut éliminer ces "tas de cellules humaines", avec la bénédiction approbatrice de la communauté mondiale des éthiciens virtuels. Ceux-ci s'efforcent, dans un stade ultérieur, de faire évoluer cette possibilité d'élimination vers un «droit de l'homme» à part entière, pour que ceux qui jouissent du privilège d'être reconnus comme «personnes», puissent en faire usage librement.

Même dans le domaine religieux, on fouille volontiers dans la boîte à malices virtuelle. Des exégètes et théologiens de divers plumages font un usage reconnaissant de cette possibilité de remplacer les concepts et idées "démodés", datant de l'époque des Pères de l'Église ou de Thomas d'Aquin, par des interprétations qui sonnent de manière plus agréable ou plus moderne. Ils recyclent les récits évangéliques dans des versions qui répondent bien à leurs préférences personnelles, mais qui ont peu à voir avec le sens originel. La parole de Jésus «que votre oui soit un oui, et votre non un non», n'est selon eux pas applicable au récit de sa vie, telle que décrite par ses disciples. Du haut des chaires, les croyants sont souvent dépassés par l'une ou l'autre réinterprétation moderne d'un récit de l'évangile, garnie avec un haut degré de créativité et de fantaisie pseudo-religieuse.

On voit même surgir une nouvelle forme de pastorale, où ce n'est plus la foi, mais le doute, qui est pris comme point de départ. La proclamation de vérités objectives de la foi, ainsi que de valeurs de base morales et religieuses, doit ici faire place à une large culture de débat entre "esprits ouverts". A notre grand regret, et malgré le respect que nous souhaitons lui montrer, nous devons attribuer à l'évêque d'Anvers la plus récente trouvaille dans le domaine de la religiosité virtuelle ultramoderne et du pastoral du doute. Il n'a montré aucune attention envers la réalité pastorale de croyants priant et chantant dans le froid glacial, pour la réhabilitation de la diffamation faite à Jésus dans la pièce de théâtre de Castellucci, où le visage du Christ a été barbouillé et bombardé par des enfants. Notre dirigeant d'Église a choisi d'ignorer cette réalité pastorale, pour se rendre dans un auditorium bien chauffé pour jouir de la pièce de Castellucci, avec comme thème le doute de la foi habitant un père et son fils fictifs, à l'occasion des problèmes d'incontinence dus à la vieillesse du premier. Dans une réinterprétation personnelle superbement lyrique, mais tout à fait invraisemblable, il a chanté ensuite, dans De Standaard, les louanges de cette pièce et de son metteur en scène (bien connu pour son anti-religiosité avec des traits «sataniques»). Encore plus lyrique est l'article paru à ce sujet dans Tertio, de la main du philosophe Jan Koenot, S.J., qui d'une manière presque géniale change la conscience bien documentée de la réalité pour des méga-interprétations spéculatives personnelles de la pièce de Castellucci.

Quelle est la prochaine étape dans la triste histoire de gens ayant reçu une éducation de haut niveau et de grandes responsabilités ecclésiales, qui remplacent le goût pour une élémentaire objectivité, une sobre évaluation logique des faits, un raisonnement cohérent et une grande foi chrétienne, par des argumentations tirées par les cheveux au sujet de prétendues «nobles» (et même «chrétiennes») intentions d'artistes semant le doute et blasphémant? Est-ce que la nouvelle direction de marche qu'ils indiqueront aux fidèles sera basée sur une pastorale du doute ? Devons-nous tous apprendre de toute urgence à lancer des excréments au visage de Jésus, en tant que thérapie ou prévention de doutes religieux émergents ? Ou comme remplacement de la pratique de la confession, qui devient peu à peu obsolète, de même que l'enseignement de la doctrine religieuse concrète ?

La tendance à mettre en relation des concepts et des significations contradictoires via des interventions «virtuelles» se constate aussi dans les noms d'institutions et associations autrefois respectées, en particulier ceux avec le «C» de 'chrétien' ou 'catholique' (ou «K» de 'katholiek') dans leur appellation. La prouesse la plus flagrante dans ce domaine fut récemment délivrée par la KU Leuven. Elle tenait mordicus au «K», mais l'a dissimulé dans un « KU ». Le Conseil a recommandé à ses professeurs d’éviter en tout cas l'association avec «catholique» à l'étranger, et pour toute sécurité a suggéré un certain nombre de sous-titres explicatifs, comme le tout à fait neutre « University of Leuven ». Par ailleurs, le recteur a précisé clairement que le "K" conservé ne voulait certainement pas dire que son université se considère comme liée à une quelconque règle de l'Église catholique. A cette occasion, et dans le même souffle, il a également annoncé que le «KU» est ouvert à d'autres convictions. Le «K» demeure en vigueur uniquement pour des raisons liées au marketing et à un "image building" (probablement mêlé à des considérations nostalgiques ou historiques et - qui sait - peut-être à un peu d'agoraphobie, sans le soutien formel de l'Église catholique mondiale).

C'est là que se trouvent donc les êtres humains modernes semi-adaptés, avec un pied dans l'ère des possibilités virtuelles, des certitudes illusoires et des apparences sans contenu, tandis que l'autre pied cherche encore à tâtons la terre ferme des anciennes valeurs familières. La pression est immense pour complètement basculer dans le camp de ceux qui sont devenus totalement "de leur temps", "conformes", "in" ou "up to date". Celui qui veut savoir ce que signifie dans le fond cette adaptation à la modernité, peut sans doute avec profit consulter l'ancienne Bible, aux pages où est abordé le concept de « la vanité ».

I.V.H.

 

Êtes-vous désiré ?

«Sommes-nous encore désirés ici ?» : telle est la question clé pour beaucoup de chrétiens et d'autres minorités au Moyen-Orient et ailleurs, qui doivent fuir leur terre natale et le pays de leurs ancêtres, après les interventions occidentales ou l'une ou l'autre «guerre de libération». Beaucoup de chrétiens syriens craignent que tel sera aussi leur sort. Si cela dépend de certains esprits éclairés occidentaux, ils peuvent alors être assurés que ce scénario catastrophe va avoir lieu. Entre autres, Guy Verhofstadt, l'un de nos champions nationaux de la libre-pensée politique, a récemment proposé l'armement de l'opposition syrienne (laquelle, après une année de lutte, avec de nombreuses victimes des deux côtés, ne peut ou n'ose proposer le moindre plan qu'ils auraient en vue pour la Syrie).

"Vous n'êtes pas désirés" : telle fut l'attitude des Nazis contre les Juifs et d'autres minorités ethniques. Celles-ci ne convenaient pas à leur idéologie et à leurs plans pour l'avenir du «Das Drittes Reich». Les fondateurs de ce bref empire ne comptaient pas sur les politiciens étrangers pour leurs armes, mais s'en occupèrent eux-mêmes. Ils ont fait trembler la Terre pendant quatre ans et ont éliminé des millions de personnes comme si elles étaient des objets usagés mis au rancart.

«Patronne dans son propre ventre» : comme crièrent les Féministes des années soixante. En d'autres termes, "pas de bébé non désiré dans mon ventre". Le remède à leurs souhaits fous était simple : «s'en débarrasser». Dans le musée à ciel ouvert de Bokrijk, elles font maintenant partie d'une reconstruction nostalgique de cette période, ce qui signifie indirectement une ode à leur "idéologie" délirante. Là, les enfants désirés de nos familles peu nombreuses suivent maintenant un enseignement didactique sur la révolution sexuelle, qui a fait qu'ils aient peu ou pas du tout de frères ou sœurs.

L'un des arguments, pour la concrétisation de la loi actuelle sur l'avortement dans notre pays, était que la nouvelle loi ne ferait pas augmenter le nombre d'avortements, mais veillerait seulement à fournir des soins médicaux pour ces interventions. Le contre-argument, que les lois ont aussi une influence sur l'idéologie et la moralité des gens, ne fut pas accepté. Pour toute sécurité (ou comme emplâtre sur la perte d'image du CVP de l'époque), on mit sur pied une commission d'évaluation, qui noterait l'évolution du nombre d'avortements et en tirerait les conclusions considérées comme nécessaires. Ce fut de toute évidence une mesure pour rien, étant donné que ce comité est constitué de personnes aux points de vue moraux très disparates.

Le fait est que le nombre d'avortements connus, depuis la création de la loi belge en 1990, a presque doublé. Il n'y a aucune raison de croire que cette tendance à la hausse va baisser dans un proche avenir. On devrait plutôt s'attendre à l'inverse, parce qu'en comparaison avec d'autres pays européens, les chiffres pour l'avortement en Belgique et aux Pays-Bas sont parmi les plus bas : «seulement» un peu plus d'une femme enceinte sur dix subit un avortement chaque année. Les totaux sont du même ordre de grandeur que celui des migrants entrants. Si nous faisons le bilan, nous commettons donc dans le fond un génocide (dans le sens le plus littéral du mot) sur notre propre progéniture, en faisant de la place pour des étrangers.

Il ne fait aucun doute que l'éducation, la mentalité personnelle et surtout la pression sociale, jouent un rôle important dans le choix de savoir s'il faut ou non procéder à un avortement. Les lois font partie de ce processus, car elles introduisent des normes et donc déterminent ainsi ce que nous allons considérer oui ou non comme «normal». Les lois ne déterminent évidemment pas entièrement notre comportement, mais elles jouent un grand rôle. Elles ont aussi tendance à «mener leur propre vie». Cela veut dire qu'elles peuvent renforcer l'idéologie sur laquelle elles sont basées, de sorte que cela, à son tour, pousse la législation plus loin dans une direction donnée. La plupart des lois sur l'avortement sont fortement inspirées par les courants de pensée féministes et maçonniques, un attelage collaborant très bien et se renforçant mutuellement. Dans les pays occidentaux, de nombreux partis politiques sont profondément influencés par ces courants de pensée (ou sont directement infiltrés par leurs partisans). Cette évolution a créé dans ces pays un net clivage entre partisans et adversaires de l'avortement.

Entre les pays aussi existent de profondes différences dans le domaine de la protection de l'enfant à naître, la plupart du temps déterminées par la culture. Le monde musulman affiche une attitude ambiguë. En principe, l'islam est contre l'avortement, mais d'autre part la plupart des tendances islamiques ont fixé une frontière artificielle à partir de laquelle le fœtus est considéré comme un «être doté d'une âme». Un grand nombre d'avortements sont gardés secrets pour protéger l'honneur de la femme concernée. Il est donc difficile d'obtenir une image claire au sujet de la pratique de l'avortement dans les pays musulmans. Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, les musulmans et les chrétiens semblent incapables de former un front commun contre le meurtre des enfants dans le sein de la mère. La doctrine juive orthodoxe protège en principe l'enfant à naître dès la conception. Mais les juifs orthodoxes ne constituent qu'une minorité et de nombreux rabbins juifs expriment un avis divergent. Israël connaît un pourcentage très élevé d'avortements. L'interruption volontaire de grossesse y est considérée par beaucoup comme un moyen acceptable de contrôle des naissances. En Extrême-Orient, nous rencontrons là des sectes qui croient en la réincarnation, et qui font même des pas trop loin dans l'autre sens. Puisque les animaux selon eux peuvent être des réincarnations de personnes, leur vie est aussi entièrement protégée, jusqu'à l'absurde. En Amérique latine, une interdiction stricte d'avortement prévaut dans plusieurs pays, de même que dans certains pays européens.

Pour les chrétiens dignes de ce nom, chaque nouvelle vie humaine est désirée, car désirée par Dieu comme son enfant. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et « Tu ne tueras point » sont deux règles de base pour chaque chrétien. Ils déterminent également leur attitude à l'égard d'enfants à naître qui montrent des handicaps, même si ceux-ci, selon des «spécialistes», ne bénéficieront pas d'une « qualité de vie » suffisante. On trouve rarement un mot forgé plus subjectif, pour justifier une agression non-subjective sur la vie d'autrui. Ce n'est certainement pas en premier lieu la qualité de vie des nouveau-nés oui ou non handicapés qui préoccupe les militants « pro choice », mais surtout le confort de vie de ceux qui ne veulent pas se charger d’eux, même lorsqu'ils sont leurs propres enfants. Aucun médecin ne peut déterminer avec certitude quel est le désir de vivre ou la joie de vivre d'une personne handicapée, et encore moins d'une personne handicapée qui n'est pas encore venue au monde. Ce sont pourtant des facteurs décisifs, qui en grande partie (ou même principalement) dépendent du fait cette personne sera oui ou non acceptée et aimée, quelle que soit sa condition physique ou son espérance de vie. L'amour pour un enfant peut découler du premier signe de vie dans le ventre d'une femme, comme l'ont déjà découvert d'innombrables mères. Un très grand nombre n'ont pas hésité à accepter leur enfant et à l'entourer de tendres soins, en dépit du fait qu'il souffrait de déficiences physiques ou mentales.

Comme nous l'avons déjà mentionné, nous nous rendons compte également que des modifications législatives seules ne sont pas la solution définitive au problème de l'avortement. Dans la Marche annuelle pour la Vie à Bruxelles, nous témoignons donc essentiellement en vue de changer les attitudes en faveur du respect de la vie dans le sein de la mère. Le rôle de l'État en cela ne devrait pas être en premier lieu de dissuasion, mais surtout de soutien. Par ceci, nous n'entendons bien sûr pas l'actuel soutien de fait à la pratique de l'avortement, qui a progressivement pris la forme d'une incitation. L'État doit investir dans des moyens tels que les possibilités d'adoption et des formes de soutien, qui offrent aux femmes une alternative à l'avortement. Chez nos voisins néerlandais, semblent enfin apparaître les premiers signes qui dénotent un changement de politique dans cette direction.

Par ailleurs, il faut cesser le remboursement de l'avortement, qui est seulement soutenu par des arguments tordus de gauche au sujet de la discrimination contre les femmes les moins aisées, qui ne peuvent se payer l'avortement. De «discrimination» il ne peut être question que si l'avortement état considéré comme un « droit » accepté de manière générale. Jusqu'ici, c'est juste une "possibilité de non sanction par la loi", pour "les femmes en situation d'urgence", ce qui cependant reste inacceptable pour une conscience sainement formée. Le remboursement des milliers d'avortements belges par an, ne coûte pas seulement à l'État de plus en plus  d'argent, mais cela favorise également l'augmentation du nombre de femmes présentant des troubles physiques ou des dépressions en raison du syndrome post-avortement. Le coût médical associé à tout cela est en grande partie payé par l'assuré obligatoire, comme vous et moi, y compris ceux qui ont des objections ou des scrupules à l'égard de ces "interventions médicales" sur des femmes en parfaite santé.

En tant que chrétiens dans une démocratie pluraliste, nous devons nous rendre compte que nous ne pouvons ne pas imposer nos normes élevées. Notre objectif doit donc être, autant que possible, de convaincre les autres qu'il y a de meilleures solutions aux difficultés sociales, relationnelles ou autres, que l'élimination des "non désirés". Nous ne vivons plus en effet dans une tribu préhistorique, où s'applique la loi du plus fort, et où ceux qui sont trop faibles ou encombrants doivent débarrasser le plancher. Pour la quasi-totalité des problèmes médicaux et sociaux, il existe de bonnes solutions dans nos États-providence modernes. Les possibilités sont là, pour éviter presque tous les avortements pour des raisons non médicales. Mais pour les utiliser, la volonté doit également exister, en même temps qu’un grand amour pour les plus petits et les plus désarmés d'entre nous

« Voyez comme ils s'aiment », a-t-on déclaré des premiers chrétiens. Le vivre ensemble, l'assistance, les soins, la compassion, le respect : ce sont tout des facettes de ce que nous appelons l'amour. L'amour n'est pas seulement le produit d'une impulsion spontanée. Notre vision sur la vie, peut stimuler ou réduire l'amour. Si nous considérons la vie comme le résultat de processus chimiques purement aléatoires, cela joue sans aucun doute dans l'attitude que nous adoptons envers toutes les formes de vie, y compris l'homme, la forme la plus évoluée de la vie, à laquelle nous appartenons. On peut donc considérer comme tout à fait normal que la demande de l'avortement libre émane principalement de groupements matérialistes et libres-penseurs. Cette demande est complètement en désaccord avec le sentiment et la conviction la plus profonde de chrétiens authentiques.

De toute évidence, des personnes ayant d'autres croyances, même des libres penseurs convaincus, peuvent se prononcer contre l'avortement. Mais leur attitude est plutôt inspirée par un profond sentiment naturel, que par des considérations idéologiques formelles. Il est clair que la ligne de démarcation entre partisans et adversaires de l'avortement, est en grande partie parallèle à la ligne de démarcation entre les croyants (principalement chrétiens) et les incroyants. L'ignorer n'aurait pas de sens. Ce qui n'empêche pas que les libres penseurs soient aussi les bienvenus s'ils souhaitent participer à la lutte pour le droit à la vie de tous les bébés à naître.

 D’autre part des formes de pensée liées au rationalisme se sont malheureusement infiltrées dans de nombreux milieux chrétiens. Bien que l'Église catholique se soit régulièrement clairement prononcée contre l'avortement provoqué, et est allé même jusqu'à excommunier automatiquement tous ceux qui y sont impliqués, nous entendons régulièrement de fameux "catholiques" justifier ouvertement l'avortement légalisé, ou même le présenter comme un acquis positif de la femme moderne. Étant donné que le respect de la vie humaine est intrinsèquement lié au fait d'être chrétien (comme nous l'avons clarifié in extenso dans d'autres articles de notre site Web), nous ne pouvons que confirmer que les personnes ayant de telles convictions ne peuvent être réellement chrétiennes, et encore moins catholiques.

"Étiez-vous désiré ?". Vraisemblablement oui, sinon il est très probable que vous ne seriez pas là pour lire ces lignes. Pourtant, il y a beaucoup de nos semblables désirés qui trouvent tout à fait normal que certains nouveaux venus ne soient pas désirés. Pour quelle raison alors? Avons-nous trop peu d'équipements pour les prendre en charge ? Vivons-nous dans une société où les enfants sont traités avec cruauté ou dans laquelle les mères célibataires ne peuvent pas obtenir de l'aide ? Si cela était le cas, on pourrait alors se demander pourquoi il y a une telle affluence massive dans notre pays, et pourquoi nous-mêmes ne rechercherions pas un meilleur endroit, loin de la société cruelle, individualiste et égocentrique, à laquelle en tant que fortuitement désirés nous avons eu la chance d'échapper à la mort par avortement.

I.V.H.

 

Le Seigneur de l'Histoire

Celui qui en a le temps pourrait rechercher sur Google l'expression suivante : "Pius XII en de vernietiging van de Joden". Sur presque 30 pages Google, on est confronté à toujours le même ouvrage de Dirk Verhofstadt, le frère de notre célèbre ex-premier ministre, libre-penseur et anticlérical dans l'âme. Il se pare du titre de «docteur en sciences morales», titre qu'il doit d'ailleurs à ce même ouvrage. Il est professeur en «Médias et éthique» de la RUG et il n'est probablement pas nécessaire de préciser qu'il travaille en «bonne collaboration» avec le professeur émérite Etienne Vermeersch. Son livre comprend 552 pages et fut publié par Houtekiet en 2008.

Heureusement, l'on trouve aussi, entre les citations rabâchées d'articles où sont chantées les louanges de ce soi-disant "travail historique", certaines évaluations critiques, entre autre de Alfred Denoyelle, docteur en Histoire. Il montre comment Dirk Verhofstadt manipule unilatéralement des documents historiques, au service de son obsession anticléricale. Le fait que cet auteur ait obtenu un doctorat sur base d'une compilation peu originale, dans laquelle les règles de base pour l'objectivité et l'authenticité historique sont foulées aux pieds à plusieurs reprises, en dit long sur le niveau scientifique de la «recherche historique», mise au service d'idéologies dans certaines de nos universités. Le titre de son livre en lui-même trahit déjà son objectif : créer une association entre un responsable religieux (et son Église) et l'Holocauste. C'est le genre de titre qui relève de pamphlets révolutionnaires ou de titres en gras dans les tabloïds.

Si l'on veut vraiment comprendre les causes profondes de l'Holocauste, il serait plus logique d'examiner les travaux et les déclarations de ceux qui ont planifié et exécuté ce génocide. Cela montre clairement qu'ils considéraient l'Église comme l'un des principaux obstacles pour la réalisation de leurs plans. Mais une telle approche logique et honnête ne rentre pas dans les préjugés de «l'œuvre» d'écrivains libres-penseurs de la trempe de ce Verhofstadt. Il est beaucoup plus intéressant d'attribuer une signification antisémite à des documents du Vatican et de l'Église, et de le mélanger avec ce qui est encore plus facile à mettre au service de ses propres objectifs, à savoir ce qui N'EST PAS dit ou écrit. On appelle cela un argument «a silentio» et c'est à juste titre refusé en sciences historiques. En suivant cette «méthode» on peut, avec un peu d'imagination, facilement prouver que Albert Einstein était un anti-végétarien, car il n'a jamais prôné la consommation de moins de viande, ou que Jules César avec son "De Bello Gallico" a posé le premier pas vers la conquête de l'espace, puisque il n'a jamais indiqué où devaient s'arrêter ses conquêtes ...

Le Pape a gardé le silence, alors que, selon ces «historiens», il aurait dû parler. Il n'a pas répondu, selon eux, aux normes scientifiques de la morale, établies par les libres penseurs de la RUG, de la VUB et apparentés. Que, dans certains cas, le devoir de quelqu'un peut être de se taire pour éviter le pire, est une sagesse qu'ils ignorent ou à laquelle ils ne sont pas encore parvenus. Ils emploient tout bien considéré une manière enfantine de raisonner, mais qui est soutenue «professionnellement» et est au service d'un maximum de dégâts à l'image de l'Église Catholique. Cela se fait avec la coopération enthousiaste d'un large éventail de médias pseudo-intellectuels, avec lesquels nous sommes richement abreuvés en Belgique, ou plutôt, empoisonnés.

Il y a deux sortes d'Histoire : celle des faits réels qui se sont passés, et celle des faits racontés, falsifiés et inventés. Nous ne nous considérons pas compétents pour faire ici un bilan historique sur la vie et sur la papauté de Pie XII. Dans l'Histoire de l'Église, des figures moralement supérieures comme des personnages peu recommandables ont rempli le rôle de Pape. Au sujet du rôle de Pie XII, les avis sont partagés, mais il est clair que ses adversaires se trouvent majoritairement dans les milieux athéistes ou modernistes, qui n'ont décidément pas une attitude «neutre» envers l'institution ecclésiastique. Il est donc important que nous nous fassions un jugement éclairé sur la mesure dans laquelle des auteurs, tels que Dirk Verhofstadt, respectent l'objectivité requise dans leurs évaluations de ce Pape du temps de guerre, qui a dû supporter d'énormes responsabilités dans une situation où il était quasiment en otage.

La lecture de l'encyclique "Mit brennender Sorge» qui, dès avant la Deuxième Guerre mondiale fut rédigée par Eugenio Pacelli, futur Pie XII, pour son prédécesseur, contredit en soi en grande partie les accusations anti-papistes et anti-religieuses dans lesquelles le Pape figure comme principal coupable. Dirk Verhofstadt dissimule ou minimise les documents importants qui montrent que Pie XII s'est vraiment préoccupé du sort des Juifs, et qu'il fut un farouche opposant du nazisme. Un bon exemple d'un témoignage ignoré important est celui du Juif Robert Kempner, qui fut Procureur du Tribunal de Nuremberg, et qui a clairement démontré la sagesse de l'attitude de Pie XII sous le régime nazi. L'un des arguments qui devraient prouver l '«antisémitisme" du Pape, serait qu'il n'a jamais reconnu l'État d'Israël. Il y a pas mal de Juifs pieux qui ne sont pas en faveur de l'État d'Israël et le sionisme qui lui est associé. Sont-ils aussi "antisémites" ? Le Pape, selon ces « experts de la bonne gestion dans des conditions difficiles de la guerre », aurait trop peu protesté. Dirk Verhofstadt cite comme contre-exemple l'attitude du cardinal De Jong d'Utrecht qui a protesté haut et fort. Cependant, il oublie de mentionner que le résultat direct de sa protestation, et de la lettre pastorale commune des évêques hollandais, fut la déportation, dans les cinq jours, de tous les catholiques hollandais d'origine juive. Tous les monastères, où de nombreux Juifs pouvaient se cacher, ont ensuite été passés au peigne fin. Les Pays-Bas ont le plus fort pourcentage de Juifs qui ont été transportés vers les camps de la mort. Mais sur ces terribles conséquences, notre soi-disant protecteurs des Juifs et juge du Pape, observent un silence de mort.

Ci-après, nous donnons quelques références, entre autre des porte-parole juifs qui expriment leur approbation sur ce que ce Pape a fait pour leur peuple et pour leurs coreligionnaires, dans des conditions des plus difficiles (*). Les faits réels s'impriment dans la mentalité et la mémoire collective. Dans ce cas-ci, c'est dans les cœurs reconnaissants des descendants et parents des Juifs qui, grâce à l'approche prudente et discrète de Pie XII, ont échappé à la mort. La diffusion de faits historiques falsifiés, au contraire, vise à créer un nouveau type de mémoire collective, au service d'objectifs parfois à peine cachés.

A première vue, on peut penser que les falsificateurs vont finalement arriver à leurs fins. Il est relativement facile de jeter le soupçon sur les mots et les actes de quelqu'un (surtout s'il est décédé depuis un certain temps). Mais, heureusement : la mécanique de l'Histoire ne peut pas être manipulée si facilement. Ce qui dans un endroit est inculqué comme «vérité historique», est réfuté ailleurs. Les imbéciles qui, comme les marxistes, pensent pouvoir mettre la main sur «l'Histoire», prouvent seulement qu'ils n'y ont encore rien compris. Tous leurs efforts n'aboutissent qu'à des résultats à court terme. Les outils de propagande d'Hitler et de Goebbels, avec lesquels ils semèrent la haine et la destruction, appartiennent depuis un certain temps aux nombreux «faits divers» dont regorge l'Histoire de l'humanité. Idem pour les mensonges du communisme et ainsi de suite. Ce que les falsificateurs ne peuvent ou ne veulent pas comprendre, c'est qu'il y a d'autres forces à l’œuvre que leurs manipulations enfantines, agissant pour déterminer le sort des individus et des peuples, à savoir des forces d'une nature spirituelle.

En tant que chrétiens, nous avons reçu un cadeau extraordinaire : nous devenions participants du plan de Dieu pour ce monde. Nous avons appris que sa façon de travailler rend les petites manipulations humaines tout simplement risibles. Comme un parfait grand maître d'échecs, Il place ses pièces au bon moment au bon endroit. Rois et reines, Il les traite comme des pions, et inversement. Là où nous, commun des mortels, pensons que son jeu est perdu, Il est sur le point d'engranger une grande victoire. Le diable pensait, à l'époque de la domination romaine, qu'il tenait les rênes. Il avait même réussi à ce que les citoyens ordinaires de ce puissant empire trouvent leur divertissement dans les arènes, à la vue de la lutte à mort entre leurs semblables. Dieu ne traita pas cette déchéance en envoyant une armée, en coupant court à de tels excès. Non : Il laissa son propre Fils subir le sort d'un fils d'homme, battu, humilié et torturé à mort. Quand le ciel devint noir et que le Fils de Dieu rendit l'âme, Il jeta les bases d'une nouvelle Histoire de l'humanité. Depuis lors, le christianisme, le fruit de sa prédication, de sa souffrance et de sa mort, est inéluctablement en marche. Chaque nouveau martyr apporte des fruits par milliers.

Ainsi se déroule la véritable Histoire humaine, elle se joue sous les yeux de soi-disant puissants et soi-disant intelligents, sans qu'ils s'en rendent compte. Ils croient pouvoir tenir l'Histoire dans leur main à l'aide de moyens matériels, parce qu'ils ne voient pas le travail de l'Esprit. Leurs paroles et leurs actes seront anéantis et engloutis par le temps. Au final, tous les êtres vivants et pensants seront soumis à l'Esprit de Dieu, d'amour, d'humilité, de vérité, de paix et de justice. Pour autant, nous en sommes encore loin. Nous vivons encore dans la phase que St Pierre décrivait comme suit : «La Création toute entière soupire et gémit dans un travail d'enfantement». La vraie nature de la lutte interne qui fait rage au sein de l'humanité est certainement de nature spirituelle. Cette lutte n'est pas encore terminée et apportera certainement encore bien du sang et des larmes. Elle durera jusqu'à ce que Lui, le Fils de l'homme, revienne à nouveau. Il va une fois pour toutes mettre un terme à toutes les vantardises et les mensonges. Alors, chacun pliera le genou, pas devant un temporaire souverain terrestre, mais devant le Christ, le véritable "Seigneur de l'Histoire".

I.V.H.

(*)http://users.skynet.be/histcult/Verhof%20NL.htm

http://www.pavethewayfoundation.org

http://www.romereports.com/index.php?lingua=2&lnk=750&id=913

http://www.catholicapologetics.info/apologetics/judaism/dalin.htm

http://news.catholique.org/21169-le-p-gumpel-salue-les-recherches-historiques

http://users.skynet.be/histcult/piedouze.htm

http://www.pie12.com/PIEXII.pdf

 
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