• NederlandsNederlands
  • FrançaisFrançais
Menu principal
  • Home
  • Bienvenue
  • Qui sommes nous ?
  • Naissance
  • Charte
  • Organisation
  • Vision
  • .Actualité et points de vue
  • Réflexions thématiques
  • Nouvelles de l’Eglise
  • Communications de presse
  • Catéchèse
  • Enseignement catholique
  • Hagiographie
  • Liturgie
  • Communications externes
  • Témoignages et lettres
  • Varia
  • Listes de Pétition
  • Liens
  • Formulaire d’inscription
  • Contact
Home Communications externes

Communications externes

Het tolerantievoorbeeld van Mgr. Léonard

There are no translations available.

01-05-2013. Pater Guy Borreman stuurde ons het hiernavolgend artikel van de hand van Mark Van de Voorde, waarmee het RKLF zich (ditmaal) volmondig akkoord verklaart.

De Bel­gis­che aarts­biss­chop Léonard dient geen klacht in tegen de vrouwen van Femen die, hun blote borsten ontsierd door scabreuze slo­gans, hem tij­dens een debatavond aan de ULB (Uni­ver­sité Libre de Brux­elles) hebben aangevallen met water uit plas­tic Mari­aflesjes. Gelijk heeft hij. Vier­w­erf gelijk. Ten eerste, door geen klacht in te dienen zegt de aarts­biss­chop dat de Feme­n­ac­tie niet zijn aan­dacht waard is en hem ten gronde niet raakt (hoe geschan­daliseerd hij ook mag zijn geweest). Ten tweede, door niet naar de rechter te stap­pen reduceert hij het infame optre­den tot een onnozel voor­val dat geen andere media-aandacht ver­di­ent en zal kri­j­gen dan een blote-borstenfoto.

Ten derde, door geen klacht in te dienen maakt aarts­biss­chop Léonard het hun onmo­gelijk om bij het pub­liek veel sym­pa­thie te sprokke­len (ten­zij bij zieke geesten). Door juridisch niet terug te slaan, keert hij hun zijn link­er­wang toe. Hun agressie werd niet getrak­teerd op zijn agressie. Niet louter let­ter­lijk maar ook figu­urlijk ston­den ze in hun blootje. Wat ze deden, had in alle betekenis­sen van het woord niets om het lijf.

De reac­tie van de media was dan ook duidelijk: ze wer­den er “uit­gek­leed” als onnozele wijven: hun fem­i­nisme is antifem­i­nis­tisch, een bood­schap hebben ze niet, achter de groep zit een onderne­m­ing van mer­chan­dis­ing (en man­nen die het voor het zeggen hebben). Had Léonard een klacht inge­di­end, dan was de media-aandacht naar hem gegaan.

Maar er is nog een vierde reden waarom de Bel­gis­che aarts­biss­chop gelijk heeft. Een spir­ituele reden, die hij spon­taan en onvoor­bereid — geen spin­doc­tor kwam eraan te pas — toonde door tij­dens het inci­dent te bli­jven zit­ten, de han­den gevouwen, en erna een van de plas­tic Lour­des­flesjes te kussen. Léonard onderg­ing het gebeuren in stilte, zon­der een woord te zeggen maar onhoor­baar woor­den te bid­den. Miss­chien voor die haat­spuwende dames: Heer, vergeef het hun, want ze weten niet wat ze doen.

In deze tijd die (valselijk) de mond vol heeft van het woord tol­er­antie, toonde Léonard wat tol­er­antie ten diep­ste is. Tol­er­are, het Lati­jnse stam­wo­ord waar tol­er­antie is van afgeleid, betekent let­ter­lijk: uithouden, dulden. In de vroegchris­telijke tijd had het de beteke­nis van de god­delijke gave en de chris­telijke deugd om ver­vol­gin­gen te trot­seren. Tol­er­are kan vanuit die oor­spronke­lijke beteke­nis naar van­daag wor­den overge­plaatst als de deugd om spot en bru­tal­iteit te aan­vaar­den.

Zoals het ver-dragen van de Romeinse ver­vol­ging in de eerste eeuwen het chris­ten­dom interne kracht gaf en de gelovi­gen het aanzien van de hoog­ste human­iteit, zo kan het lijdzaam (passief) en vergevend (actief) onder­gaan van de atheïstis­che agressie het chris­telijke geloof een waardigheid bezor­gen die op de duur de ogen opent voor haar menselijke en spir­ituele grootheid. De kracht en de waardigheid van de liefde.

Dat wroeten is niet umsonst. In tegen­stelling tot wat hardleerse sec­u­lar­is­ten bew­eren, is de sec­u­lar­isati­ethese uit­gew­erkt. De geestelijke honger is groot, de leegte is bar en de zie­len staan droog. De religiehaters zijn ten einde raad, hun rest slechts het wapen van de vun­zige agressie.

Mark Van de Voorde is onafhanke­lijk pub­li­cist en gewezen raadgever van de Bel­gis­che politici Her­man Van Rompuy, Yves Leterme en van Steven Vanackere.

 

Nouvelles de la Syrie de la part de notre conseiller ecclésiastique

Vendredi 6 – vendredi 12 avril 2013

Des mesures de précaution doivent être prises. Avec un pincement au cœur, nous avons pris congé de la famille sunnite à la ferme, avec leurs quatre petits enfants. La ferme se trouve de l’autre côté du terrain, contre le mur d’enceinte. Plus loin, en dehors du terrain, se trouvent néanmoins quelques fermes qui sont des foyers de résistance. Quand on se battra, ce sera cette famille de fermiers qui recevra le plus de débris. Il est donc irresponsable de laisser jouer ici des petits enfants. C’étaient des parents et des enfants gentils et de plus de bons travailleurs Nous avions de très bons liens avec eux. Les rares fois que nous pouvions encore venir sur le terrain et visiter la ferme, c’était chaque fois un plaisir de jouer avec ces petits enfants. Bientôt, nous devrons prendre congé de notre “ange gardien”, l’homme qui est concierge chez nous depuis le début. En toutes circonstances, il nous a aidés et protégés. Sa femme est déjà partie depuis des mois vers un endroit plus sûr, mais il a voulu rester. Il est cependant le seul Alaouite dans toute la région et donc maintenant la personne la plus recherchée. Il est sous tension jour et nuit. Il continuera à s’engager ailleurs pour cette communauté, ensemble avec une famille qui y est aussi liée. Et à sa place viendra un homme, d’une famille qui est aussi liée à la communauté, mais qui est partie à cause de la guerre vers leur mère, qui est veuve. Sa famille reste là-bas mais vient temporairement ici pour assurer les contacts de la communauté avec le monde extérieur.

Le printemps syrien a maintenant réellement débuté. Samedi, le soleil a brillé longtemps et considérablement. Il y a ainsi assez d’eau chaude pour chacun et nous n’avons pas dû nous concerter pour prendre une douche. Ce n’était pas le cas ces derniers temps. Tous les deux jours, nous avions du temps vraiment orageux, sans pluie. Le temps va maintenant sans doute changer petit à petit et deviendra chaud. Le petit (40/30 m) jardin est plein de toutes sortes de légumes et c’est un plaisir d’y travailler maintenant. Autrement, il faut travailler de toutes ses forces à une livraison qui sera remise dans quelques jours pour être vendue au Liban, e.a. de nombreux sacs de thym. Les feuilles doivent encore être séparées des tiges. La population entière d’une prison pourrait être tenue occupée durant des jours à ce travail, mais parce que nous ne pouvons pas partir d’ici, nous devrons le faire nous-mêmes.

Dans l’après-midi, nous avons entendu quelques explosions. La nouvelle circule que l’armée va peu à peu s’occuper des terroristes à Qâra. Nous nous sommes préparés à une nuit agitée, mais elle a été aussi paisible que possible. Il n’y a même eu que deux très brèves coupures de courant. Plus tard, nous avons appris ce qui s’est réellement passé. Quelques-uns des terroristes les plus costauds voulaient placer un canon antiaérien pour abattre les hélicoptères de l’armée, e.a, derrière notre mur. Heureusement, les poids lourds de l’opposition à Qâra leur ont fait clairement comprendre que c’était une très mauvaise idée. L’armée y aurait réagi immédiatement en frappant durement les terroristes, avec sans doute de forts bombardements sur le village. Le canon antiaérien n’a pas été placé. Par ailleurs la nouvelle nous est arrivée qu’al Nousra à Homs avait offert de déposer les armes à condition de pouvoir partir librement. L’armée ne les croit pas et n’a pas encore accepté cette proposition. D’ailleurs, ils sont maintenant bien informés et peuvent revenir avec le double. En tous cas, il s’agit bien de signes qu’également al Nousra est en train de perdre son enthousiasme.

Aujourd’hui, c’est le dimanche de Thomas, qui a été proclamé par Jean-Paul II comme dimanche de la divine miséricorde, dans le rite latin. Peut-être est-ce en effet la miséricorde du Père qui est la vérité la plus oubliée de notre temps, laquelle a été maintenant remémorée grâce à sr. Faustina. Le soir quelques danses sont réalisées par la sœur de la sacristie avec les enfants. Cette sœur est assez créative pour la musique, le chant et la danse. Elles ont des vêtements adaptés et colorés et se transforment en vraies danseuses orientales sur la musique des chants charismatiques et juifs.

Avec la guerre contre la Syrie on joue un jeu risqué. L’Occident et ses alliés veulent à tout prix démanteler ce pays pour l’avoir en leur pouvoir, pour s’assurer des stocks d’énergie, pour être le seigneur et maître de cette importante place stratégique au Moyen-Orient et pour former une force puissante contre l’Iran, la Russie et la Chine. Ils pensent qu’ils ne peuvent pas se permettre de laisser plus longtemps ce pays vivre dans la prospérité, la liberté et la paix, sans qu’ils puissent y exercer leur pouvoir. Pour cela, ils ont, ici comme ailleurs, voulu apporter le “chaos créatif”. D’autre part, il se trouve que la Syrie, par son unité interne et sa vie en paix durant des décennies entre tous les groupes ethniques est bien plus forte que les attaquants avaient pensé. “Révolte populaire” et “guerre civile” sont apparues comme étant des bulles de savon occidentales. La possibilité qui subsiste, ce sont les masses de terroristes qui peuvent encore essayer de démanteler le pays. Le radical et imprévisible al Nousra joue ici un rôle de plus en plus grand et ambigu. Mais les pays nommés plus haut ne laisseront pas ceci se produire sans plus. De plus, des fissures apparaissent dans l’unité occidentale. La population commence à se rendre compte de plus en plus que la guerre en Syrie est une conspiration de l’Occident. Les Français, les Américains, les Turcs… protestent de plus en plus fort contre leurs propres gouvernements. Et ces pays ne s’en sortent plus avec leurs propres problèmes. La Syrie peut encore soutenir cette guerre pendant cinq années, mais est-ce que ces pays pourront encore soutenir leurs attaques aussi longtemps ? Ne seront-ils pas obligés de chercher un soutien auprès des pays qui soutiennent précisément la Syrie: Le Brésil, La Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud (Brics) ? Entretemps, le gouvernement et l’armée continueront tranquillement à épurer le pays des terroristes, bien que cela reste très difficile en raison de l’attitude lâche de l’Occident, qui continue à les soutenir et profite maintenant des atrocités d’al Nousra.

Les perspectives sont immenses dans les deux directions. Si l’Occident avec ses alliés arabes peut quand même démanteler la Syrie pour y établir leur domination, ce sera pour eux, pensent-ils, une augmentation énorme de richesse de sources d’énergie et de pouvoir dans tout le Moyen-Orient et dans le monde entier. La Syrie deviendra alors une dictature islamique, en cadeau des services rendus par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Mais l’Occident n’en a rien à faire. Par ailleurs, la Syrie sera divisée, “libanisée”. Les différents groupes seront séparés et se verront chacun attribuer un territoire résidentiel, de telle sorte qu’ils puissent continuer à s’entretuer (comme en Irak, Lybie, Tunisie, Afghanistan,…). L’Occident n’en a rien à faire non plus. D’ailleurs, ce sera alors à nouveau une mine d’or pour l’industrie de l’armement. Les Chrétiens disparaîtront pratiquement, car aucune place n’est prévue pour eux dans le partage de la Syrie. Ils doivent partir parce qu’ils sont les témoins de l’injustice de l’Occident. Et là, l’Occident n’en a absolument rien à faire. L’Occident en a depuis longtemps assez de son christianisme. (Mais n’oubliez pas, Messieurs les maîtres du monde : La foi chrétienne et l’Eglise sont les seules vérités dans l’histoire de l’humanité qui renaissent à chaque fois et qui survivront à toutes vos institutions et pays!)

Si la Syrie tient bon, si elle peut battre ses attaquants et finalement rétablir la paix, elle deviendra un pays modèle – purifiée par cette guerre cruelle – non seulement pour le Moyen-Orient mais pour le monde entier. Ce sera un pays qui sera libre de l’impérialisme occidental et de la dictature de l’islam. Un pays où tous les groupes ethniques et les communautés confessionnelles vivront ensemble en paix, encore bien plus consciemment que cela se passait avant. Un pays où les Chrétiens pourront eux aussi être entièrement eux-mêmes: la levure dans le pain quotidien de la société et les témoins du Royaume de Dieu sur terre. Des Chrétiens qui vivront en petits groupes, modestes, s’appuyant seulement sur et vivant de la force de la foi en le Seigneur Jésus, mort et ressuscité. Dommage que les Chrétiens en Occident comprennent ceci à peine et le soutiennent encore bien moins. Heureusement, il semble que notre Jésuite franciscain (qu’ils appellent ici baba Roma), lui, le comprenne bien.

Naturellement, nous prions et nous nous efforçons que cette guerre prenne fin et que la Syrie, peut-être gravement blessée et purifiée, se relèvera de cette misère spirituellement renforcée. Dans un chant d’église flamand, nous chantons: “Quand Dieu nous sortira de notre exil, ce sera un rêve…”. Chantez-vous avec nous? Merci.

Texte du père Daniël Maes, traduit librement par Jean-Louis Couvreur.

 

Communication de l’Action pour la famille

 

MARCHE POUR LA VIE 2013 :

 

TOUS VERS LE MONT DES ARTS LE 24 MARS A 14h30

 

Comme les années précédentes, Action pour la famille-Actie gezin soutient la Marche pour la vie qui partira le dimanche 24 mars du Mont des Arts (près de la Gare centrale). Nous nous rassemblerons à partir de 14h30. Le départ est prévu pour 15h. Plus d’infos sur le site www.march4life.be

 

Le dernier rapport bisannuel de la commission d’évaluation sur l’interruption de grossesse couvre sur la période 2010-2011. Ce rapport confirme la tendance à l’augmentation des interruptions volontaires de grossesse (IVG) en Belgique en dépit des campagnes pour l’usage des moyens contraceptifs et malgré la diminution du nombre de femmes en âge de procréer. Environ 20 000 IVG sont pratiquées chaque année dans notre pays. C’est trop, beaucoup trop. Afin de diminuer le nombre d’avortements, un objectif d’ailleurs partagé par la plupart des pro-choice, Action pour la famille défend les propositions suivantes.

 

 1. Aider les femmes à garder leur enfant. Conformément à la loi, il faut faire le maximum pour éviter qu’une femme soit amenée à subir un avortement, un acte qui est presque toujours perçu comme une violence. Il faut donc commencer par écouter, en évitant toute culpabilisation, prendre son temps, rassurer et accueillir avec générosité. Une femme qui demande une IVG se trouve très souvent dans un état de grande solitude. Ceci est particulièrement vrai pour les mineures d’âge qui ne sont pas obligées d’informer leurs parents. En outre, chaque femme a droit à une information claire et complète sur toutes les aides et avantages disponibles, ainsi que sur « les possibilités offertes par l’adoption de l’enfant à naître » comme le dit explicitement la loi.

 

2. Veiller à une application stricte de la loi. L’ « absence de souhait d’enfant pour le moment » est la raison la plus invoquée (18% en 2011) pour recourir à un avortement. Contrairement à ce que dit la loi, la brochure du Centre d’Action Laïque (CAL) distribuée dans les écoles prétend qu’aucune justification n’est demandée (page 9) lors d’une demande d’interruption de grossesse. Il est vrai que, dans les faits, c’est souvent le cas puisque l’avortement est habituellement présenté comme un droit, ce qui est inexact. Selon la loi, l’avortement n’est dépénalisé que lorsque sa grossesse place une femme «dans une situation de détresse ». Il revient au médecin seul, et non pas à la femme concernée ou à des tiers, d’apprécier cet état de détresse.

 

3. Rappeler que l’avortement n’est pas un droit. La loi de 1990 n’instaure pas un « droit à l’avortement », contrairement à ce que l’on entend souvent et ce que dit la brochure diffusée par le CAL dans les écoles, mais une dépénalisation dans des conditions strictes. Si l’avortement était un droit, tout médecin se verrait dans l’obligation de pratiquer un avortement, dans les situations conformes à loi, en violation de sa liberté de conscience. Or, « aucun médecin, aucun infirmier ou infirmière, n’est tenu de concourir à une interruption de grossesse ».

 4. Briser le silence sur les conséquences psychologiques d’un avortement. Suite à un avortement, de nombreuses femmes éprouvent des difficultés psychologiques et qui peuvent se manifester de nombreuses années plus tard. Il convient dès lors de prévoir un accompagnement suite à une interruption volontaire de grossesse. De telles difficultés sont d’autant plus fréquentes et plus importantes que l’avortement est tardif. Pour cette raison, nous sommes fermement opposés à l’élargissement à 14 semaines après la fécondation de la dépénalisation de l’avortement.

 

5. Recueillir une meilleure information sur les IVG pratiquées au-delà de 12 semaines de grossesse en raison d’affections graves ou incurables du fœtus. Le rapport de la commission mentionne le chiffre de 95 pour l’année 2011. Ce chiffre est très inférieur au nombre réel estimé à 600 par an. Les craintes exprimées par les associations de défense des personnes handicapées lors de la discussion de la loi de 1990 s’en voient ainsi tristement confirmées.

 

6. Donner dans les écoles des cours d’éducation sexuelle et surtout affective qui mettent en valeur l’amour vrai, du don de soi et le bonheur qui l’accompagne. L’amour authentique va de pair avec une attitude de respect mutuel et une prise de conscience de ses responsabilités. Des relations sexuelles précoces ont des conséquences sur le bien-être affectif et la capacité à réussir une relation amoureuse stable.

 

7. Garantir les droits et la protection des femmes enceintes à l’égard de leur employeur et assurer leur retour au travail dans de bonnes conditions. Des décisions politiques doivent faciliter la conciliation de la vie familiale avec la vie professionnelle, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Action pour la famille est favorable à l’instauration du salaire parental.

 

Dans une perspective sociétale plus large, nous devons lutter contre les situations de précarité où une grossesse non-désirée place une femme dans un état de détresse. La grande pauvreté – matérielle certainement, mais aussi, et surtout, psychologique et spirituelle -, la solitude, l’absence de relations familiales stables, certaines pressions culturelles et sociales, sont autant de facteurs qui font obstacle à l’accueil de l’enfant à naître. Lutter contre ces facteurs est une tâche urgente à laquelle nous devons nous consacrer avec force pour promouvoir une véritable culture de vie.

 

http://www.actiegezin-actionfamille.be/welkom-accueil

 

N.d.l.r. : Dans cette communication Action pour la famille ne se prononce pas formellement contre chaque avortement, sans exception. Par contre la position du FLCR est que toute vie humaine depuis la conception a droit à sa protection et ne peut être tuée  intentionnellement.

Cette position est explicitement basée sur la morale chrétienne, dans laquelle la vie humaine, même imparfaite ou handicapée, est considérée comme un don de Dieu, qui doit être respectée, protégée et chérie par son entourage et par la société, à l'aide des possibilités familiales, sociales et médicales disponibles. Dans le cas où la mère est incapable d'accepter et éduquer son enfant, la seule option valable est de laisser adopter l'enfant.

Le cas plutôt théorique, avec lequel les partisans de la liberté d'avortement introduisent généralement leur argumentation, dans lequel on doit choisir entre la vie de la mère et de l'enfant, est un dilemme médical qui ne se présente pour ainsi dire presque plus. Seulement les personnes directement concernées (la mère en premier lieu, en concertation avec le père, le médecin traitant et, si possible, le conseiller spirituel), peuvent se prononcer là-dessus, en conscience et devant Dieu. Le FLCR en union avec l’Église entière, rend hommage aux mères qui ont sacrifié leur vie dans de tels cas pour leur enfant.

 

Personne n'a plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. (Jean 15:13).

 

La Marche pour la Vie du dimanche 24 mars 2013 aura lieu !

Chère Madame, Cher Monsieur,

Depuis la publication d'un communiqué du mercredi 20 février 2013 concernant "l'annulation" de la marche pour la Vie il y a eu beaucoup de confusion.

Entretemps nous avons appris la bonne nouvelle que la marche du 24 aura lieu grâce à une nouvelle équipe motivée autour d'Anne-Chantal André-Dumont, que je voudrais remercier de tout cœur. Nous encourageons tout le monde à participer à la 4ième édition de la marche pour la Vie qui aura bien lieu le dimanche 24 mars 2013 (http://march4life.be/).

En cette occasion, je désire présenter mes excuses sincères pour ma contribution à la confusion citée plus haut. Pour cela, j'ai décidé de me retirer de l'organisation de la Marche Européenne en avril. Ne nous laissons pas décourager par cette incident, mais travaillons et prions encore plus pour une culture de la Vie !

Amicalement,

Michel De Keukelaere

 

La « preuve anthropologique » de la vie dès sa conception

Réflexion de Carlo Casini

ROME, 5 février 2013 (Zenit.org) - Le président de la Commission pour les Affaires constitutionnelles au Parlement européen, Carlo Casini, explique ce qu’il appelle la « preuve anthropologique » de la vie dès la conception. Contemplant l'infiniment grand et l'infiniment petit, il conclut: "Si bien que l’homme, au-delà de toute considération d’ordre métaphysique et religieuse, indépendamment de cela, apparaît comme le fils de « l’immense »."

La « preuve anthropologique » de la vie dès la conception

S’interroger sur le sens de notre vie est tout ce qu’il y a de plus rationnel à se dire. C’est une question qui touche aussi tout l’univers. Une question, certes,  à saveur religieuse, mais que tous les hommes en tant qu’hommes se posent parce qu’ils sont dotés de raison, c’est-à-dire capables mais surtout désireux de connaître les causes, les buts, la signification de ce qui existe et des événements qui se succèdent dans le temps. La réponse peut être religieuse, si elle repose sur une explication qui suppose l’existence d’un Dieu créateur, ou alors ne pas l’être du tout dans le cas où, au plus fort du désespoir, on estime qu’il n’existe aucune réponse possible au-delà de ce dont on peut faire l’expérience avec les sens de son propre corps.

On pourrait voir aux deux extrêmes, la réponse du psalmiste de la Bible et celle du grand poète Giacomo Leopardi dans « le Chant nocturne d’un berger errant de l’Asie ». Le premier exulte, heureux de saisir la signification extraordinairement positive du « vivre » humain : « A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts; / la lune et les étoiles que tu fixas, / qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? / Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu; / le couronnant de gloire et d'honneur; / tu l'établis sur les œuvres de tes mains, / tu mets toute chose à ses pieds » (Psaume 8); « Je reconnais devant toi le prodige l'être étonnant que je suis / étonnantes sont tes œuvres » (Psaume 138).

Leopardi, lui aussi, contemple la lune et les étoiles avec cette poignante aptitude à la contemplation qu’ont les grands poètes, mais il ne reçoit aucune réponse à ses pressantes questions: « Dis-moi, lune: à quoi sert au berger sa  propre vie. Et votre vie à vous ? Dis-moi : où tendent mon errance éphémère, ton parcours immortel ? » Dans le silence de l’univers, le manque de réponse à la demande de sens porte au désespoir : « Peut-être en toute forme, dans tout être, dans le terrier ou le berceau, jour funèbre est pour qui naît le jour natal ».

« Prouver l’existence de l’homme » est le but de ces pages. La thèse est double : d’un côté prouver l’individualité humaine de l’être conçu, de l’autre prouver le saut de qualité qui sépare l’humanum de ce qui n’est pas humanum. Deux aspects que l’on ne saurait d’ailleurs séparer. Si le sens d’une vie humaine est le même que celui de la vie d’un insecte ou d’une plante, on ne voit pas pour quelle raison il y a des droits humains inviolables dont on affirme que la protection revient à tous, même à ceux qui, apparemment, semblent n’avoir aucune valeur, comme les malades mentaux, les mourants, les nouveaux nés, etc.

De toute évidence ce n’est pas l’apparence de la forme ou de la fonction qui fait la différence entre l’homme et tout le reste de la création. Si nous disons que la valeur d’un malade mental est supérieure à celle d’un chat c’est, de toute évidence, parce que nous estimons qu’il y en lui quelque chose d’assurément important, qui est diffèrent de l’aspect et des capacités de penser et de faire. Cette diversité touche au sens de la vie humaine. Naturellement la vision religieuse, la vision chrétienne en particulier, sait donner des réponses.

On peut discuter de savoir s’il existe une réponse pleinement convaincante quand on fait abstraction de la dimension religieuse. Mais il est un fait qui mérite considération : comme on l’a vu en exposant la preuve juridique, tous les peuples de la terre, dans les plus grandes déclarations solennelles de notre temps, à commencer par la Déclaration universelle des droits de l’homme, affirment que la dignité humaine est la même pour tous, indépendamment de la diversité des conditions de vie, par le simple fait même d’exister en tant qu’être individuel de l’espèce humaine. Cette parité de dignité suppose que celle-ci doit être maximale, c’est-à-dire la plus grande possible, si grande à ne pouvoir permettre de graduation, c’est-à-dire permettre que l’existence d’un homme puisse être plus ou moins digne que celle d’un autre. Il ne s’agit pas de proposer des dissertations philosophiques ou théologiques. Il s’agit seulement de constater un fait établi: la reconnaissance d’une même dignité pour chaque être humain  comme trait caractéristique de la culture moderne.

Les thèses de certains bioéthiciens et de certains animalistes sont isolées et ont un parfum d’originalité. Maintenant une dignité qui ne tient pas compte de la forme (morphologique) et de la capacité (fonctionnalité) de l’homme ne peut qu’être reliée au sens de la vie. Chaque vie humaine a un sens qui ne connaît pas de graduation. C’est une autre façon d’affirmer ce concept que la dignité est la même pour tous.

L’homme dans le mystère de l’univers

Le psalmiste et Leopardi, pour connaître le sens de la vie, placent l’homme à l’intérieur de l’univers. Nous vivons en effet plongés dans le mystère. Les choses que nous ne savons pas sont bien plus nombreuses que celles que nous connaissons. Cela dit, nous avons acquis aujourd’hui des notions qui, comparé au passé, sont considérables. Il n’y a pas si longtemps encore, on connaissait peu de chose au-delà de notre système solaire, peu de chose de la structure de la matière. Thalès de Milet, 600 ans avant Jésus-Christ, croyait que la terre était un disque flottant au-dessus de la mer et que la voûte céleste était une espèce de coupe appuyée contre la terre. Jusqu’à Copernic, vers la fin du Moyen-Age, dominait la vision géocentrique de Claude Ptolémée. La terre immobile au milieu des cieux et le soleil tournant autour d’elle.

Le système copernicien et galiléen montra la diversité des mouvements planétaires autour du soleil, mais n’alla pas beaucoup plus loin dans sa réflexion sur l’univers. C’est depuis peu seulement que nos puissants télescopes,  de complexes calculs mathématiques et les explorations des missiles et des satellites artificiels on fait découvrir l’incroyable complexité et les dimensions immenses de l’univers, mais dont les limites restent encore insondables. Nous sommes stupéfaits et presque dans le désarroi quand nous tentons d’appliquer à l’univers notre manière de penser l’espace et le temps. La circonférence de notre terre est de 40 000 kilomètres. La lumière court à 300 000 Km à la seconde. Au moment où je dis « un » celle-ci a déjà fait sept fois le tour du monde. Mais l’unité de mesure utilisée par les astronomes est l’année lumière, soit l’espace parcouru par la lumière en un an. Et comme une journée est faite de 86.400 secondes, et une année de 31.536.000 seconde, une année lumière correspond à presque 76 000 milliards de kilomètres. L’esprit s’égare. Il nous est impossible de recourir à l’imagination. Pourtant, l’espace jusqu’ici scruté couvre la distance d’un milliard d’années lumière! La terre se trouve à l’intérieur de l’amas de la Vierge dans lequel sont réunies 2500 galaxies, chacune d’elles formée de milliards d’étoiles. Notre galaxie, en forme de spirale, a un diamètre de 100 000 années lumière ; 100 milliards de kilomètres mesurent l’axe de notre système solaire et 100 millions de kilomètres mesurent six semaines de l’orbite terrestre autour du soleil. Il faut quatre jours à la terre pour parcourir 10 millions de kilomètres.

La réflexion sur l’origine de l’univers nous laisse elle aussi sans voix. La théorie la plus plausible est aujourd’hui celle du Big Bang. Il y a 13,8 milliards d’années, toute la matière aujourd’hui perdue dans l’immensité de l’univers, se serait concentrée dans un espace très limité : selon certains, du néant serait même sorti un point où l’énergie et la matière auraient eu une densité  inimaginable. Ce point aurait explosé avec un tel fracas qu’encore aujourd’hui, si loin dans le temps, résonnerait son écho dans les espaces intergalactiques et interstellaires. En effet, les scientifiques ont constaté que les corps stellaires sont en expansion, s’éloignent les uns des autres. La vitesse d’expansion est calculable et, en allant en arrière dans le temps, on arriverait à ce Big Bang en question. Les ondes sonores s’atténueraient elles aussi au fil du temps, devenant alors de plus en forte au fur et à mesure que l’on reculerait jusqu’à cet extraordinaire Big Bang survenu il y 13, 8 milliards d’années.

L’étonnement et le sens de mystère ne diminuent pas si de l’incroyablement grand on passe à l’incroyablement petit: du macrocosme au microcosme. La structure interne de la matière, elle aussi, on ne la connaît que depuis assez peu de temps. Un atome de carbone mesure dix milliardièmes de mètres. Il est fait d’un noyau et de six électrons et, ici, les mesures deviennent encore plus inquiétantes tellement il est difficile de les imaginer. Nous sommes dans la sphère du « micromètre », c’est-à-dire d’un millième du milliardième de  quand on veut mesurer le noyau. Et le noyau comprend 6 protons et 6 neutrons. Dimension: un millionième du milliardième de mètre. Chaque proton et chaque neutron est formé de trois quark, dont on ne sait néanmoins presque rien.

Dans l’immensité de l’espace et du temps l’homme demande à son esprit surtout des informations sur lui-même. Qui suis-je ? D’où je viens ? Quel est le sens de ma vie ? La science enquête dans le domaine de l’archéologie et de la biologie. Même si la théorie de l’évolution était vraie la vie humaine n’en serait pas moins une merveille de la nature. L’espace et le temps auraient concouru à l’apparition de l’homme. De la matière inanimée, aux premiers végétaux puis aux bactéries, aux mollusques et plus tard, sur des millions d’années, aux poissons, aux reptiles et aux oiseaux, et enfin aux mammifères et enfin, … enfin à l’homme, où la matière s’organise jusqu’au point de permettre pensée, liberté, amour. Tout dans l’univers semble tendre vers lui. Quelle signification aurait une immensité de matière inconsciente de son existence ? Même ceux qui ne croient pas en Dieu ou titubent, tâtonnent, dans l’obscurité du doute, ne peuvent pas ne pas sentir la force de l’hypothèse que, si dans le tout il y a un sens, celui-ci doit être trouvé en lui, dans l’homme.

S’il y a eu une évolution de la matière inanimée à la complexité encore largement inexplorée de notre cerveau  il doit y avoir aussi un plan qui tende à aller vers un but et l’atteindre. Le temps et l’espace sont en fonction de ce but à atteindre. La théorie de la relativité montre que le temps et l’espace sont en fonction l’un de l’autre. Il ne peut y avoir de temps qui soit grand sans qu’il y ait aussi un grand espace. C’est pourquoi la très longue évolution qui a conduit à l’homme avait besoin d’un espace considérable. Et cet espace c’est donc l’univers.  Si bien que l’homme, au-delà de toute considération d’ordre métaphysique et religieuse, indépendamment de cela, apparaît comme le fils de « l’immense ».

Conception, création à l’œuvre

Chaque être humain a eu lui aussi un début. Il y a un certain nombre d’années, ni celui qui écrit ni celui qui lit ce texte n’existait. Puis, tout à coup nous sommes apparus, sortis du néant. Pour chacun de nous la création a eu lieu à cet instant. Et s’il est vrai que l’homme est l’issue finale de l’univers, alors chacun de nos débuts n’est pas seulement une création à l’œuvre (le passage du néant à la vie se fait non pas il y a 13 milliards 800 millions d’années, mais aujourd’hui): c’est aussi la plus vraie des créations. Le vrai bing bang, c’est la conception. C’est à partir de là que notre corps a commencé à se déployer,  et cela à une vitesse et de manière particulièrement  impressionnante, qui est unique dans tout l’univers. Il suffit de penser aux cent milles milliards de cellules que produit le corps adulte d’un homme et d’une femme qui proviennent toutes de la première cellule. D’un point de vue numérique aussi, l’homme l’emporte sur les étoiles : une galaxie peut avoir des centaines ou des milliers de milliards d’étoiles. Cela est beaucoup, mais néanmoins beaucoup moins que le nombre de cellules qui composent un corps humain. Ce qui frappe aussi c’est le finalisme qui détermine la collaboration de chaque cellule avec tout le reste du corps, et la vitesse de la construction, spécialement dans la phase qui précède l’accouchement.

La comparaison que nous avons proposée entre l’univers et l’homme amène à certains corollaires. Il y a une certaine analogie entre le début du cosmos, tel que celui imaginé aujourd’hui par la plupart des scientifiques, et le début de chaque vie humaine.

Un point

Un point qui sort tout à coup du néant. Un point doté d’une énorme force d’expansion et d’organisation. Un point destiné à devenir quelque chose d’incommensurable: dans l’ordre de la matière inanimée pour ce qui est de l’univers, dans l’ordre de la pensée pour ce qui est de l’homme, capable d’embrasser avec son esprit l’univers tout entier. Si quelqu’un avait détruit ce point d’où le cosmos est parti, il n’y aurait pas d’univers. Il aurait détruit la Création.

Celui qui élimine l’embryon humain, même lorsque celui-ci a la taille d’un point, ne détruit pas seulement un homme, il commet quelque chose d’irréparable, car cet être humain est irremplaçable. Quel que soit ce qu’il aurait été, intelligent ou d’une envergure intellectuelle modeste, quelque chose a été enlevé à l’histoire du monde, laquelle, bien que n’étant qu’une partie de la trame, ne pourra plus être réparée. On peut juger que les dommages faits sont en fin de compte relativement modestes, mais qui peut dire ce qu’aurait été cet enfant-embryon une fois devenu adulte ? Dante, Beethoven, Leonard de Vinci, eux aussi ont été des embryons. Sans eux, nous serions tous différents. Qui peut dire combien, parmi les millions et millions d’embryons détruits par avortement ou à travers les différentes formes d’élimination préméditée d’enfants produits in vitro, auraient pu apporter une forte contribution au progrès de la civilisation, de la médecine, de la solidarité, de la science ?

La dignité de chaque être humain vivant

Le slogan que l’embryon humain n’est pas un homme en raison de sa petitesse offense la raison, ou s’appuie sur une vision brutalement matérialiste selon laquelle seule la matière existe et l’homme n’est autre qu’une matière organisée de manière particulièrement parfaite, mais toujours et seulement matière, qui peut donc être utilisée et détruite dans les limites où cela est jugé convenant et sans risques pour celui qui le fait. Le XIXème siècle, qui a connu un progrès technique et civil considérable dans tous les domaines, a vu passer des doctrines, au succès éphémère, qui n’ont pas su répondre à la demande de sens concernant la vie de chaque individu, parce que leur seul horizon était la matière. Le communisme réel, par exemple, n’a pas seulement érigé des musées de l’athéisme, il a aussi enseigné dans les écoles le matérialisme théorique. Pour éviter l’insurmontable angoisse de Giacomo Leopardi (le non-sens de l’existence) ou le sombre repliement de chacun dans l’isolement de son propre « moi » prêt à se transformer en loup pour les autres, ces doctrines, sans jamais perdre de vue cet horizon de la matière, ont proposé aux peuples l’idée d’un sujet collectif –  tantôt la classe, la race, la Nation, l’espèce – comme le vrai sujet porteur de valeur. Cela a promu l’idée selon laquelle la vie de chaque individu ne vaudrait rien du tout. L’issue dramatiquement néfaste de ces doctrines est sous les yeux de tous.

Dans la tentative de tourner la page des camps de concentration et des goulags, des discriminations et des violences, les peuples du monde ont écrit la Déclaration universelle des droits de l’homme (10/12/1948). Juste au moment où la mémoire de la tragédie était encore une blessure quotidienne et alors qu’un nouveau conflit atomique se dessinait à l’horizon, les Etats – tout en accumulant têtes atomiques et missiles, dans la crainte les uns des autres –  faisaient reposer tous leurs espoirs civils, de liberté, de justice et de paix – sur un acte de l’esprit humain: la reconnaissance de « la dignité inhérente à chaque être humain ». Dans la Déclaration de 1948, ni les innombrables Actes et Traités internationaux successifs concernant les droits de l’homme, ni les Constitutions de chaque Etat qui ont lié leur identité même à la promotion d’une même dignité humaine pour tous, n’expliquent d’où vient cette dignité. On dirait qu’elle a été tirée des décombres des villes, du sang des victimes et des horreurs de la guerre. Selon un procédé d’induction des faits, elle est démontrée par son contraire. Chaque souffrance, chaque oppression était accompagnée d’un mépris pour cette dignité égale pour tous. Donc – et c’est la conclusion – si nous voulons gagner des espaces de liberté, de justice et de paix, nous devons reconnaître que chaque être vivant a droit à la même dignité. L’affirmation « Homo sacra res homini» n’est pas uniquement religieuse. C’est aussi la plus criée des invocations « laïques », dans le sens d’une rationalité qui, à la lumière des vicissitudes du temps passé, interprète l’histoire et s’exprime dans les consensus des plus grandes organisations civiles, non pas (ou pas seulement) dans les églises.

A propos de doctrine des droits de l’homme, on a parlé de « religion civile » fondée sur le « principe de vénération » pour chaque être humain. Ce n’est pas un hasard si l’acte constitutif de l’Onu et la déclaration universelle n’hésitent pas, tous deux, à proclamer leur « foi dans les droits de l’homme ». Il est évident que ces considérations touchent et préparent la dimension religieuse dans l’épreuve de l’existence humaine. Mais, c’est délibérément que  je ne veux pas franchir le seuil de cet espace où la dignité humaine n’est pas seulement induite par l’histoire, mais déduite dans une logique imparable par la contemplation du mystère d’un Dieu créateur qui se fait homme. Il suffit tout simplement d’observer que malgré les nombreuses trahisons d’ordre pratique, la culture moderne reconnaît que la dignité humaine doit être mise au centre de toutes les structures porteuses de notre vie civile: liberté (faculté de faire ce que chacun désire pour lui-même au prix même de marcher sur les pieds de l’autre ou faculté d’aimer l’autre ?), démocratie (force du nombre ou expression organisatrice du principe de parité concernant la dignité de chaque homme?), droit (commande du plus fort ou guide vers une juste action ?), laïcité (affirmation du doute systématique et invincible ou possibilité de travailler en commun, indépendamment de la vision religieuse, pour construire un monde davantage conforme à la dignité humaine, valeur commune et fondatrice du pluralisme ?).

Dans ce contexte, la question de la vie humaine est bien loin d’apparaître comme une simple idée fixe du « catholique ». Je dirais plus : la question « homme ou chose ? » ouvre une brèche pour un dialogue constructif entre croyants et non croyants, et non un mur d’incommunicabilité. Ainsi l’enquête sur le sens de la vie humaine éclaire aussi les premières lueurs de la vie même. L’homme de foi religieuse sait que le sens de la vie humaine, même quand celle-ci apparaît absolument primitive et humble, est toujours celui d’être une parole d’amour de Dieu. Le non croyant parie de la même façon sur le sens positif de toute vie. Cela signifie qu’il a l’intuition d’une transcendance de l’homme par rapport au reste de la nature; il s’agit de toujours considérer l’homme comme un but à atteindre et jamais comme un moyen; de rejeter l’hypothèse d’une entité intermédiaire entre l’homme et les choses, entre les sujets et les objets; de reconnaître l’homme aussi dans les formes les plus emblématiquement petites du « vivre » humain, qui sont celles qu’il traverse au début, à la fin, et en marge de sa vie. 

En reconnaissant « l’un de nous » en chaque enfant conçu naturellement ou in vitro, on accumule des ressources intellectuelles et morales qui peuvent renouveler la société toute entière, dans une logique de solidarité, d’égalité et de justice sociale.

Enfin, accepter la grandeur mystérieuse de chaque homme ne peut que se refléter sur la reconnaissance de sa grandeur, y compris au moment de son origine. Et la stupeur de celui qui reconnaît l’homme dans celui qui lui paraît le plus insignifiant des hommes ne peut qu’aider à interpréter, avec de nouveaux yeux, la société toute entière, et à agir avec davantage d’entrain pour que l’avenir soit plus ouvert à la dignité humaine de tous et de chacun.

Traduction d'Océane Le Gall

 

 
Plus d'articles...
  • Une réponse très claire concernant le jugement récent de la CEDH.
  • L’orientation sexuelle et l’identité de genre ne sont pas des droits de l’homme
  • La parole hebdomadaire du père Penne
  • Appel à la prière pour la Famille

<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Suivant > Fin >>

Page 1 sur 9

feed-image

Copyright © 2011 --- Katholieklekenforum - All Rights Reserved.